CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine

par Didier LARIVE  -  15 Octobre 2016, 17:58  -  #CANADA

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine

Voilà bien longtemps que je souhaitais découvrir le Canada d'une façon originale, dans ce pays où la nature règne en maître.

Après avoir effectué quelques recherches, je me décide pour l’ouest du pays, aux confins du Canada et de la toundra arctique : très vite, le Yukon et la rivière Porcupine, retiennent mon attention : ce sera mon terrain de jeux, et le canoë, le moyen de transport évident.

Je voulais vivre une aventure en pleine nature, dans un endroit sauvage et préservé au sein d'une forêt boréale magnifique qui éclate de mille feux aux couleurs de l'automne : j'allais être servi !

En territoire Gwintchin Vuntut, (qui signifie "parmi les lacs") le lien qui unit les hommes et la nature sont indissociables, ce qui fait de ce lieu, un endroit remarquable.

Récit de cette épopée qui n’en n’est pas moins une véritable expédition, en autonomie totale, qui nous a mené du lac Summit à Old Crow, au-delà du cercle polaire arctique, sur près de 400 Kms, tout même ! Que l’aventure commence !

Ambiance automnale

Ambiance automnale

Une odyssée en canoë pas comme les autres.

Reconnaissons-le, c’est un pari un peu fou sur lequel je me suis engagé, et un défi personnel à relever : mais Jean-Marc, d’Aventure Arctique et initiateur de ce périple, que toute l’équipe connait bien, nous avait convaincu de le suivre ; malheureusement, et à notre grande déception, il n’a pas pu nous rejoindre.

Car en fait, cette aventure s’est révélée bien plus difficile que je ne l’avais imaginée et je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait : pluie, froid, humidité, vent, neige, courant, ou pas, nous avons eu droit à toutes les saisons : du jour au lendemain, le temps peut changer du tout au tout, et c’est que nous avons vécu ! Heureusement le soleil s’est souvent invité lors de cette descente que je considère comme étant difficile !

Ajoutons à cela, une équipe formidable, soudée et motivée, qui a grandement contribué tout de même à la réussite de ce voyage pas comme les autres. Belle ambiance !

Une déception tout de même : peu d’animaux rencontrés et surtout avons raté la migration des 140 000 caribous (la plus grande harde au monde) restée en Alaska en raison du mauvais temps de cet été : ils n’ont pas été au rendez-vous au grand dam du peuple des premières nations Gwitchin d’Old Crow, qui les attendent comme le messie, afin d’effectuer des réserves de viande pour l’hiver.

La rivière Porcupine aux couleurs de l'automne

La rivière Porcupine aux couleurs de l'automne

Terrain de jeu de notre périple

Découverte par John Bell en 1842, la rivière Porcupine prend sa source dans la chaîne de montagnes Ogilvie, dans le nord ouest canadien. Elle serpente sur plus de 700 kilomètres dans le Yukon et en Alaska.

Pour rejoindre notre point de départ, il faut d’abord se rendre à Whitehorse, puis prendre un autre avion pour Inuvik.

Nous commençons notre périple par un vol Air North de Whitehorse à Inuvik à bord d’un avion à hélice, digne de l’aéropostale, un « Hawker HS7 » : pour la petite anecdote « Air North » est détenu à 50 % par la communité Gwitchin du village de Old Crow : 300 habitants ! Quelle belle réussite pour ce peuple qui se bat pour sa survie !

Une peinture ? Non ! Un vrai paysage au coeur du parc National Vuntut
Une peinture ? Non ! Un vrai paysage au coeur du parc National Vuntut

Une peinture ? Non ! Un vrai paysage au coeur du parc National Vuntut

Territoires du nord Ouest & Yukon : notre terrain de jeu pour notre périple en canoë

Territoires du nord Ouest & Yukon : notre terrain de jeu pour notre périple en canoë

De grands moments de bonheur au soleil couchant
De grands moments de bonheur au soleil couchant

De grands moments de bonheur au soleil couchant

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
Carte de notre parcours : Conception : Guy Schneller

Carte de notre parcours : Conception : Guy Schneller

Nous avons vu de merveilleux paysages

Les images parlent d'elles mêmes...Les paysages sont d'une beauté à couper le souffle. Les arbres aux couleurs de l'automne se reflètent dans la rivière comme dans un miroir sans fin.

Dans l'immensité de la forêt Canadienne, le silence et le spectacle qui s'offrent à nos yeux, invitent à la contemplation, et c'est un bonheur immense qui vous envahit.

La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne
La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne

La rivière Porcupine sous les couleurs de l'automne

Et assisté à de sublimes couchers de soleil...

Dans le silence de la toundra et de la forêt boréale, lorsque le soleil disparait derrière les montagnes, le ciel s'embrase tel un feu de joie, venant couronné une journée bien remplie.

C'est une explosion de couleurs : des rouges, des roses, des jaunes, des bleus,qui se répandent dans l'horizon, tel un pinceau d'artiste, qui court sur sa toile, pour atteindre un bonheur sans limite.

Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !
Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !
Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !
Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !
Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !
Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !
Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !

Une explosion de couleurs lors des sublimes couchers de soleil !

C'est parti !

Après avoir fait connaissance avec l’équipe, racheté de la nourriture (eh oui, une partie du fret n’est jamais arrivé, çà commençait mal !) réglé les problèmes d’intendance, nous transférons notre équipement dans des sacs étanches.

Le 27 août, nous partons enfin, direction l’hydravion qui doit nous « parachuter » au Lac Summit.

 

Old crow Flats, région de lacs et de rivières, en territoire Vuntut Gwitchin

Old crow Flats, région de lacs et de rivières, en territoire Vuntut Gwitchin

Près de 2000 petits lacs comme ceux-là parsèment le parc national Vuntut crée en 1995 dans le but de faire connaitre l'importance de la culture Gwitchin Vuntut et de protéger leur territoire

L'hydravion d'Air North qui nous mènera à Summit Lake en 1 heure environ
L'hydravion d'Air North qui nous mènera à Summit Lake en 1 heure environ
L'hydravion d'Air North qui nous mènera à Summit Lake en 1 heure environ
L'hydravion d'Air North qui nous mènera à Summit Lake en 1 heure environ
L'hydravion d'Air North qui nous mènera à Summit Lake en 1 heure environ

L'hydravion d'Air North qui nous mènera à Summit Lake en 1 heure environ

C’est donc par un magnifique survol à bord de cet hydravion, que nous découvrons notre terrain de jeux : ce sont les "Crow Flat", région de rivières et de lacs.

Que d’eau ! Que d’eau ! Des terres humides, des lacs partout, des cours d’eau qui serpentent dans la toundra, c’est superbe !

Néanmoins, le plaisir de la vue du paysage laisse vite place à l’interrogation, car ma première impression me laisse dubitatif : comment allons-nous progresser dans ce dédale de rivières ?

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine

Seuls au monde.

Le lendemain, on nous prévient que la journée sera longue et épuisante : Une fois « largués » sur les rives du Lac Summit, l’hydravion refera un passage au-dessus de nous pour nous saluer une dernière fois.

Alignés sur le bord du lac, nous le regardons s’éloigner dans le silence une dernière fois : cette fois, nous sommes bel et bien seuls pendant de longs jours !

Le lac Summit : notre campement en contrebas

Le lac Summit : notre campement en contrebas

Maintenant, plus de montre, nous vivrons au rythme de la nature et de notre progression

Le départ & la préparation des canoës

Mais trêve de plaisanterie, il est trop tard pour revenir en arrière ! Faut qu’on se bouge, et il est maintenant grand temps de se préparer : cela débute par le montage fastidieux des canoës : pas une mince affaire cette histoire ! Après bien des efforts, nous sommes prêts à embarquer.

Embarquer ? Non, pas encore mon Capitaine ! Car pour rejoindre notre première rivière « La little Bell » il faut porter nos embarcations et notre matériel à dos d’hommes à travers une zone de marécages, ponctuée de trous, de mousse spongieuse… Quelle galère !

Montage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit LakeMontage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit Lake
Montage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit LakeMontage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit Lake
Montage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit LakeMontage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit Lake

Montage des canoës et portage jusqu'à notre point de départ depuis Summit Lake

Des embûches nombreuses

Enfin, nous atteignons le point de départ : nous commençons à naviguer sur une rivière étroite et sinueuse avec peu de courant au milieu de la taïga. L’humidité est constante et les obstacles nombreux. Nous sommes obligés de mettre pied à terre car on ne passe pas : d'ailleurs, à un moment, il faudra tirer les embarcations avec une corde.

Un arbre nous coupera également le chemin : Alexandre mettra du temps à le scier depuis son canoë : pas facile et épuisant ! Il devra s’y reprendre à plusieurs reprises. A grands renforts d’encouragements, l’arbre cède enfin et part dans le courant : nous sommes libérés et pouvons continuer notre descente.

Les abords de la rivière sont impressionnants : les crus ont provoquées de gigantesques glissements de terrain : il faut rester vigilant !

Les rives sont boueuses, encombrés d'une végétation dense, et de talus d'éboulis pierriers. C'est d'ailleurs à cet endroit que je me blesse assez sérieusement un doigt.

Puis il faut traverser la rivière coûte que coûte : on est trempé jusqu'aux os.

Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !
Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !
Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !
Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !

Il faut débarquer pour se frayer un passage...Et même scier un arbre en travers de notre passage !

BELL RIVER

Le 31 août, nous attaquons la descente de la Bell, beaucoup plus large, et qui se situe environ 20 km plus loin que la Little Bell. La navigation est vraiment plus difficile que prévue : peu de courant.

Le geste doit être sûr et bien fait pour ne pas souffrir du dos et des fesses. Mais rien n’y fait, j’ai mal partout. Je me demande comment je vais tenir jusqu’au bout, d’autant plus que mon doigt blessé ne s’améliore pas.

Mais je ne suis pas plus inquiet que cela, car je n’ai pas très mal. Et puis, si je commence à m’en faire, le moral s’en ressentira. Alors, grâce aux soins prodigués par Odile que je remercie infiniment, j'ai essayé d’être plus fort que le mal.

De toute façon, il me faudra tenir jusqu’au bout, alors, il ne faut pas s’écouter et P A G A Y E R, P A G A Y E R, encore, et toujours, avec mon doigt en carafe !

 

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine

Rame, Rame, Rameurs, Ramez, on avance à rien dans c’canoë…Tais-toi et Rame » Alain Souchon

Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière
Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière

Quelques images des paysages lors de la descente de la rivière

Des bivouacs au coin du feu

Heureusement, le bivouac du soir est à chaque fois le bienvenu : autour d'un feu de bois et d'un bon plat, on se repose ; néanmoins, à chaque arrivée, il faut trouver un emplacement potable, ce qui n'est pas évident, monter les tentes, chercher du bois...

Dès que le soleil se cache et que la nuit tombe, le froid et l’humidité se font grandement sentir. Dans la nuit, il gèle parfois, et au réveil la température est souvent très basse ; mais nous avons la chance d'assister à de magnifiques levers, et couchers de soleil.

Petit déjeuner dans la brume du matin

Petit déjeuner dans la brume du matin

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
Les bivouacs du soir
Les bivouacs du soir
Les bivouacs du soir
Les bivouacs du soir
Les bivouacs du soir

Les bivouacs du soir

Une journée de 1ère

Une journée difficile, mais une journée de « 1ère » Les jours suivants, nous continuons notre descente, mais le 2/9 sera une journée difficile : 10 heures de navigation ! Nous sommes exténués.

On trouve difficilement un lieu pour poser nos tentes, car tout a été balayé par les crues d’été. Le froid et la nuit tombent, alors on se décide de s’arrêter au plus vite. On trouve enfin un endroit potable, mais un peu boueux, comme souvent d'ailleurs !

Pourtant, notre effort de la journée sera récompensé par notre 1er festival d’aurores boréales, la pêche de notre 1er brochet, et la rencontre des premiers « chasseurs Gwitchin »

Au petit matin, il fait -5°, mais le soleil qui pointe dans la brume du petit matin est d'une beauté saisissante !

La brume du matin sur la Porcupine
La brume du matin sur la Porcupine

La brume du matin sur la Porcupine

Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !
Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !

Quelques aurores boréales, bon j'ai fait mieux en matière de prise de vue !

LA PORCUPINE

Le 3/9, nous l’atteignons après environ 180 km parcourus, au cours d’une belle journée. Nous pêcherons 3 brochets, et puisque nous arriverons tôt, grande lessive de printemps, et on profitera tous pour se laver dans la rivière froide, mais ô combien salvatrice ! Quel bonheur de se sentir propre ! Enfin…Presque !

Tout au long de la descente, nous traquerons la moindre trace de loup, d’ours, caribous ou autre animal : nous verrons bien quelques castors, des aigles à tête blanche, mais rien en chair et en os !

Nous profitons aussi de nos arrêts pour effectuer de courtes randonnées aux alentours, notamment pour récolter des baies sauvages qui sont en nombre(canneberges, groseilles,….) ou gagner de la hauteur, pour avoir un point de vue, toujours superbe, sur la rivière et l’immensité de la toundra arctique.

On prend de la hauteur pour observer notre rivière : elle est belle, n'est-ce-pas ?

On prend de la hauteur pour observer notre rivière : elle est belle, n'est-ce-pas ?

Un Pygargue : aigle à tête blanche

Un Pygargue : aigle à tête blanche

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
Thé de L'Alaska, champignons, lichens, trace de loup, d'ours...La nature est riche de végétaux
Thé de L'Alaska, champignons, lichens, trace de loup, d'ours...La nature est riche de végétaux Thé de L'Alaska, champignons, lichens, trace de loup, d'ours...La nature est riche de végétaux Thé de L'Alaska, champignons, lichens, trace de loup, d'ours...La nature est riche de végétaux
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Thé de L'Alaska, champignons, lichens, trace de loup, d'ours...La nature est riche de végétaux

Une météo à 4 saisons

Le parcours est également jalonné de cabanes ou baraques de chasseurs : malheureusement, elles sont inoccupées : dommage ! Nous aurions aimé converser avec leurs habitants. Nous saurons plus tard qu’elles étaient vides en raison du retard de l’arrivée des caribous. Ils viendront plus tard.

La journée du 5/9 sera couverte et venteuse : d’ailleurs, La soirée sera pluvieuse : les bâches sont installées, pour protéger le feu et nous par la même occasion ; pour se consoler, soirée crêpes ! Quel régal ! On espère que nos tentes (trop légères) ne prennent pas l’eau, sinon, on se réfugiera sous les bâches !

 

 

Une cabane typique de chasseur Gwitchin

Une cabane typique de chasseur Gwitchin

Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !
Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !
Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !
Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !

Il pleut, alors cette cabane sera notre refuge !

Le lendemain, c’est la neige qui s’invite ! Il ne manquait plus que cela ! Il fait froid, mais nous ramons tout de même car il ne neige pas trop fort. Néanmoins, nous sommes frigorifiés, surtout les mains et les pieds qui s’engourdissent.

Les montagnes aux alentours sont enneigées sur les sommets : l’hiver et bel et bien arrivé mes amis, qu’on se le dise ! Une cabane toute simple avec un poêle sera le bienvenu et sera notre refuge pour la nuit, tout au moins pour faire sécher nos affaires, se restaurer et se réchauffer !

La neige a fait son apparition sur les montagnes

La neige a fait son apparition sur les montagnes

Heureusement, nos cuisiniers et pêcheurs ont fait des merveilles !

Il convient aussi de noter « l’excellence » en matière de cuisine de Jonathan et de Pierre, qui ont fait des miracles : je tiens ici à les remercier chaleureusement. Car sans nourriture, point d’énergie, et un moral en berne ! c’est dire combien cet aspect est primordial dans toute aventure.

D'ailleurs, pour améliorer l'ordinaire, rien de mieux que de jeter une ligne dans la rivière, pour obtenir une pêche miraculeuse : la rivière regorge de poissons, et notamment des brochets ; ils nous apporteront les protéines nécessaires dont nous avons grandement besoin.

Pêche miraculeuse, et le plein de protéines avec du brochet en papillote !Pêche miraculeuse, et le plein de protéines avec du brochet en papillote !

Pêche miraculeuse, et le plein de protéines avec du brochet en papillote !

Et maintenant, le vent !

Le 10/9, nous approchons du but : Old Crow.

D’ailleurs, nous entendons dans le lointain les aboiements des chiens, et croisons quelques bateaux de chasseurs. Nous pourrions tout à fait y arriver en fin d’après-midi, mais encore un contre-temps, cette fois c’est un vent fort qui contrarie notre progression.

La rivière moutonne, nous avons le vent dans le nez ! On progresse lentement et difficilement, mais il faut renoncer à pagayer : trop dangereux ! On tirera les canoës en remontant la berge à pied, ou plutôt dans la boue !

La décision est prise de bivouaquer tout près de village : l’endroit nous parait sympa, mais Jonathan préfère qu’on se rende de l’autre côté de la rivière ! Cela risque d’être sportif, mais on passe sans trop de difficultés, en pagayant comme des fous.

Nous marchons sur l'eau !
Nous marchons sur l'eau !
Nous marchons sur l'eau !
Nous marchons sur l'eau !
Nous marchons sur l'eau !

Nous marchons sur l'eau !

OLD CROW

Nous atteindrons OLD CROW, petit village Gwitchin de 300 âmes, inaccessible par la terre, notre destination finale, après 150 km de Navigation sur la Porcupine et après descendu près de 400 km de rivière !

Quel plaisir d’apercevoir enfin le village sous un superbe soleil. Nous accostons d’une façon un peu rude car le courant est vraiment fort et il ne faut surtout pas se louper ! Ouf ! Nous mettons pied à terre. Nous avons réussi notre périple, et franchement nous sommes tous très heureux. Quelle épopée ! Quelle aventure !

Le village semble désert, c’est dommage, pas de comité d’accueil. Mais nous nous rendrons assez vite qu’il n’en est rien ! Nous installons notre campement sur une sorte de pelouse bien plate, à côté d’une cabane réservée aux voyageurs de passage, qui nous servira de cuisine.

 

Le drapeau du Yukon, de la nation Gwitchin, et du Canada
Le drapeau du Yukon, de la nation Gwitchin, et du Canada

Le drapeau du Yukon, de la nation Gwitchin, et du Canada

Maisons d'Old crow
Maisons d'Old crow

Maisons d'Old crow

On visite ce village tout simple : tout est calme : normal, car la horde de caribous n’est toujours pas arrivée ; on nous fait découvrir leur territoire sur une carte, les problèmes auxquels ils sont confrontés, leur culture passionnante.

Ici les Gwitchin vivent dans le calme et la sérénité : petit à petit les contacts se nouent, et ils  viennent à notre rencontre : on nous offre café, saumon sauvage, pain, baies sauvages ! Quel accueil et quel gentillesse !

 

 

Old Crow, sous la neige, désert...

Old Crow, sous la neige, désert...

Dans la soirée, le temps se couvre, on nous annonce la pluie : ce sera pire que cela ! Au petit matin, la température chute brutalement, la pluie se transforme en neige, qui s’accumule sur les tentes ; dans la journée, la neige atteint plus de 10 cm, les tentes s’écroulent presque sous son poids : il sera impossible d’y dormir cette nuit.

Jonathan réussira à nous trouver un hébergement confortable, et tout confort, avec une douche ! Quel bonheur ! Entre temps, l’équipe de Mathieu arrive sous un déluge de neige : ils sont frigorifiés et ont dû ramer comme des malades ! Nous leur laisserons la cabane.

Notre dernier jour : tempête de neige ! Les tentes sont impraticables !
Notre dernier jour : tempête de neige ! Les tentes sont impraticables !
Notre dernier jour : tempête de neige ! Les tentes sont impraticables !

Notre dernier jour : tempête de neige ! Les tentes sont impraticables !

Voilà, c'est fini !

Ainsi se termine une belle aventure humaine que je ne suis pas près d’oublier : voilà aussi pourquoi j’aime voyager. Oui, cela a été difficile, mais c’est comme toujours, avec le recul, on ne regrette rien. Reste la nostalgie des bons moments passés avec toute l’équipe.

Ce voyage m’a donné de nouvelles idées, dont celle d’y revenir seul, comme j’aime à le faire souvent, et de découvrir la région autrement, un jour, certainement…

L’hiver et son manteau blanc ont maintenant fait place à l’automne qui se termine au Yukon ; il commence en France : ce sera l’heure de songer et de rêver à de futurs projets !

Il est temps de tourner la page et de refermer le chapitre d’un livre ouvert sur l’avenir : car il reste tant de terres à découvrir, tant de mers à parcourir, au coeur de notre bonne vieille planète !

CANADA : Canoë trip : 350 km sur la rivière Porcupine
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C
Encore une magnifique aventure que tu nous livres au travers ton récit et tes photos. MERCI ! <br /> Je partage ton article sur facebook de ce pas ;-)
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D
Merci beaucoup Chloé pour ces compliments et ce partage ; je suis évidemment ravi que tu aie pris un peu de temps pour aller voir mes photos.
F
Jean-Marc et Sigrid, je ne les verrai pas, ils sont en ce moment à Senja, Jean-Marc encadres les séjours aurores sur Senja, mais il doit y avoir Mathieu et Nicolas que je connais aussi.<br /> Les paysages de la Porcupine ne ressemblent pas à la Yukon river, tu as beaucoup plus de couleurs automnales, c'est vraiment très beau. Mais par contre la météo a du être un peu rude d’après les images et ton commentaire !<br /> Je laisse le lien ici pour mes photos: https://get.google.com/albumarchive/108242781724293407871/album/AF1QipND2FTOzGELemMSKCIedifMMMPBDx2tD4XAt2Xy?authKey=CJeBhN-is62L2gE
Répondre
F
Bonjour Didier,<br /> Je suis Francis, on s'est croisé par hasard à Whitehorse, moi je rentrais de la Yukon river, et toi tu partais donc pour la Porcupine.<br /> Quelle descente de ouf !! A part pour les aurores boréales, tu as des photos vraiment magnifiques.<br /> Des paysages avec des couleurs magnifiques, avec une très bon descriptif de ce tu as fait.<br /> Si tu veux voir mes photos de La Yukon, je t'enverrai le lien, je préfère ne pas le mettre ici.<br /> Je pars demain au lodge Aurora pour les aurores !!!<br /> Bonne soirée<br /> Francis
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D
Ah Francis ! Quelle surprise ! Oui, on en a bavé un peu, mais le résultat est là ! Pour les aurores, j'ai complètement loupé, bon pas grave, j'en verrai d'autres bientôt ! Alors tu retournes au Lodge ? Génial ! Tu diras bonjour à Jean Marc, Sigrid, et Mathieu de ma part ! Oui, bien sûr envoi moi ton lien : j'ai hâte de voir tes photos ! A bientôt certainement ! Pas cette année, mais en 2018 !
E
Quelle expédition de dingue ! Je suis impressionnée par le nombre de km parcourus en canoë et en plus avec du vent et de la neige, tout en bivouac. Ça doit vous laisser des souvenirs mémorables. <br /> Les paysages aux couleurs d'automne qui se reflètent dans l'eau sont incroyables. Ça me laisse totalement rêveuse. J'adorerais vivre une telle expérience, peut-être avec moins de kilomètres quand même.
Répondre
D
Oui, cela n'a pas été facile, mais la beauté des paysages a gommé la fatigue ! Je suis ravi d'avoir tenté et réussi cette expérience avec une équipe soudée et motivée, indispensable pour arriver bout ! Et merci pour votre passage et votre commentaire très sympa !
L
Quelle fascinante expérience !!! Et les couleurs de ces paysages sont absolument fabuleuses !
Répondre
D
C'est le miracle des couleurs de l'automne canadien ! Merci pour le commentaire très sympa !
L
Salut Didier,<br /> Eh bien, quelle équipée dis-moi. Un voyage qui laisse, j'imagine, des souvenirs ensuite impérissables. Sans doute bien plus engagé que ce à quoi mon côté un peu feignant en voyage ne m'a habitué. Je n'ai rien contre un peu d'adversité, mais force est de reconnaître que je suis un peu flémard :-)<br /> Les photos vues d'avion de Old crow Flats, ainsi que celles des matinées brumeuses sont vraiment chouettes.
Répondre
D
Oui, une belle aventure, difficile, en raison surtout de la météo (et physiquement) Heureusement, la beauté des paysages et la bonne ambiance ont largement compensé la difficulté.