Aller au contenu
Passeport pour le mondeCarnets de voyage au long cours

16° S, Pantanal

Amériques : du Pantanal brésilien aux rivières sauvages du Yukon

3 carnets et un guide pratique

Voyageuse observant la faune du Pantanal brésilien depuis une pirogue

Trois pays, trois échelles de nature : la zone humide la plus riche du monde, l'un des plus hauts pays d'altitude de la planète, et une expédition en canoë au-delà du cercle polaire. Voici comment nous les avons vécus, et comment les préparer.

Les Amériques de nos carnets couvrent trois échelles de nature bien différentes : la plus grande zone humide de la planète au Brésil, l’un des pays les plus hauts en altitude du monde en Bolivie, et une expédition en autonomie totale au-delà du cercle polaire arctique canadien. Trois récits complets existent déjà, chacun détaillé plus loin dans ce guide : le Pantanal brésilien, la cordillère royale, Potosí et le Salar de Uyuni en Bolivie, et notre canoë-trip sur la rivière Porcupine complété d’un citytrip à Vancouver.

Trois pays, trois rythmes de voyage bien différents : l’observation patiente depuis une pirogue au Brésil, la marche en haute altitude en Bolivie, et l’expédition en autonomie totale au Canada où chaque jour dépend entièrement de la météo et du courant. Ce guide propose un fil conducteur entre ces trois expériences, avec les repères pratiques essentiels pour 2026.

Le Pantanal brésilien, le royaume discret du jaguar

Avec environ 200 000 kilomètres carrés répartis principalement sur le territoire brésilien du Mato Grosso, le Pantanal reste beaucoup moins connu que l’Amazonie, alors qu’il est plus accessible et permet une observation de la faune bien plus facile grâce à une végétation moins dense. On y recense plus de 650 espèces d’oiseaux, 160 espèces de mammifères dont le jaguar, et près de 3 500 espèces de plantes, sur un territoire classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

La saison sèche, de juillet à septembre, concentre la faune près des rivières et offre les meilleures chances d’observation du jaguar, en particulier autour de Porto Jofre où les probabilités de croiser le félin frôlent régulièrement les 90 %. C’est aussi la période la plus supportable côté climat : la saison humide qui suit inonde jusqu’à 80 % de la région.

Salar de Uyuni en Bolivie au coucher du soleil
Le désert de sel du Salar de Uyuni, en Bolivie, se transforme en miroir géant durant la saison humide.

Le jaguar du Pantanal, plus grand félin d’Amérique du Sud, peut peser jusqu’à 150 kilos et se montre volontiers excellent nageur, chassant souvent à proximité immédiate des berges. À ses côtés évoluent la loutre géante, surnommée localement le loup des fleuves et plus grande loutre au monde, ainsi que près de 160 espèces de mammifères et plus de 650 espèces d’oiseaux qui font du Pantanal l’un des sanctuaires de biodiversité les plus denses de la planète, souvent plus accessible à l’observation que l’Amazonie voisine du fait d’une végétation nettement moins dense.

Le récit complet de ce séjour, avec les hébergements en fazendas traditionnelles et le détail des rencontres animalières, jaguar, loutre géante, caïmans et plus de 170 espèces d’oiseaux recensées, se trouve dans notre carnet Pantanal.

La Bolivie andine, entre cols à 5 000 mètres et désert de sel

La Bolivie que nous avons parcourue se lit à trois niveaux. D’abord la cordillère royale, un trek d’altitude au cœur de l’Altiplano où les lamas remplacent les mules pour le portage, avec des cols dépassant régulièrement les 4 900 mètres et des vues sur des sommets à plus de 6 000 mètres. Ensuite le désert de sel du Salar de Uyuni, le plus grand du monde, entouré de lagunes colorées où le plancton et les algues teintent l’eau de rouge, et de geysers bouillonnants. Enfin Potosí, la ville la plus haute du monde à plus de 4 000 mètres, où la mine du Cerro Rico raconte une autre histoire : celle de millions de mineurs morts en quatre siècles d’extraction d’argent, un site aujourd’hui classé patrimoine mondial en péril par l’Unesco.

Pour choisir sa fenêtre de voyage en 2026, deux logiques s’opposent selon la priorité :

  • Effet miroir sur le Salar : privilégier janvier à mars, et particulièrement février, quand une fine pellicule d’eau transforme le sel en miroir géant, au prix d’un accès parfois plus incertain.
  • Trek et accès fiable : privilégier mai à octobre, la saison sèche andine, pour des sentiers praticables et une meilleure visibilité sur la cordillère royale.

L’altitude reste le facteur de risque numéro un de ce voyage : l’aéroport de La Paz culmine à 4 000 mètres, l’un des plus hauts du monde, et la ville elle-même à 3 600 mètres. Une acclimatation progressive, en commençant par exemple près du lac Titicaca avant d’attaquer les cols de la cordillère, réduit nettement les risques de mal aigu des montagnes. Le trek dans la cordillère royale se fait traditionnellement accompagné de lamas pour le portage du matériel, des animaux parfaitement adaptés à l’altitude mais dont il vaut mieux se méfier des projections en cas de contrariété. Le récit détaillé de ce triple visage bolivien, trek, désert de sel et mine, est à lire dans notre carnet Bolivie.

À Potosí, la visite de la mine du Cerro Rico reste une expérience marquante et délicate à la fois : quinze mille mineurs y travaillent encore aujourd’hui dans des conditions proches de celles décrites il y a des décennies, perçant la roche à la dynamite et à la barre à mine dans des galeries étroites et peu sécurisées. Une visite qui se prépare avec une coopérative locale, accompagnée d’un don en denrées utiles aux mineurs plutôt que d’argent, dans le respect d’un lieu de travail avant d’être une attraction touristique.

Le Canada sauvage, de la Porcupine à Vancouver

À l’opposé de l’altitude andine, notre expédition canadienne s’est jouée au ras de l’eau, sur près de 400 kilomètres de rivières entre le lac Summit et le village d’Old Crow, au-delà du cercle polaire arctique, en territoire de la Première Nation Gwitchin Vuntut. Douze jours en autonomie complète, hydravion pour rallier le point de départ, portage à travers des zones marécageuses, bivouacs au bord de rivières où la météo bascule en quelques heures du soleil à la neige. Une expédition réservée à des groupes déjà expérimentés en canoë-camping, encadrés par des professionnels locaux.

Le voyage s’est prolongé par un tout autre registre : trois jours de citytrip à Vancouver, régulièrement classée parmi les villes les plus écologiques au monde, entre balade à vélo sur les 22 kilomètres du seawall, quartier historique de Gastown, et sorties en hydravion pour prendre la mesure de la baie.

Pour un Français, aucun visa n’est nécessaire pour un séjour touristique de moins de six mois au Canada, mais une Autorisation de voyage électronique (AVE) reste obligatoire pour toute arrivée par avion, comme le rappelle le site officiel Destination Canada. Elle coûte 7 dollars canadiens, se demande en ligne et reste valable cinq ans. Elle n’est en général pas exigée pour une entrée par voie terrestre ou maritime. Tous les détails de cette double expérience, expédition sauvage et citytrip, figurent dans notre carnet Canada.

Ce qui a changé depuis nos passages

Sur le Pantanal, la pression touristique autour de Porto Jofre s’est accrue depuis notre premier séjour, avec davantage de bateaux d’observation en haute saison : réserver son hébergement plusieurs mois à l’avance devient nécessaire pour les périodes de pointe de juillet à septembre. En Bolivie, les infrastructures autour du Salar de Uyuni se sont considérablement développées, avec davantage d’hôtels de sel et de circuits organisés, tandis que la sécurité minière à Potosí reste un sujet de vigilance constante de la part de l’Unesco, qui maintient le site sur la liste du patrimoine mondial en péril. Sur la Porcupine, les communautés Gwitchin d’Old Crow continuent de dépendre de la migration des caribous de la harde de la Porcupine, un des plus grands troupeaux au monde, dont les mouvements deviennent plus imprévisibles avec le réchauffement climatique.

Préparer son voyage selon la destination choisie

Ces trois voyages n’exigent pas la même préparation, et chaque pays a ses propres formalités d’entrée : pour une escale ou un prolongement dans les Caraïbes, le guide des démarches de visa pour Cuba détaille par exemple ce qu’il faut prévoir avant d’embarquer. Pour le Pantanal, l’essentiel se joue dans le choix de l’hébergement et de la période : réserver une pousada ou une fazenda bien située près de la rivière Cuiabá, et viser impérativement la saison sèche si l’observation du jaguar est la priorité du séjour. L’équipement recommandé reste simple : vêtements légers à manches longues pour se protéger du soleil et des moustiques, jumelles de qualité, et un appareil photo avec un téléobjectif pour les prises de vue animalières depuis les bateaux.

Pour la Bolivie, la préparation passe avant tout par l’acclimatation à l’altitude, à intégrer dès la conception de l’itinéraire plutôt qu’en réaction à un malaise sur le terrain. Un guide francophone local, souvent auteur de guides touristiques spécialisés sur le pays, facilite grandement l’organisation logistique d’un trek dans la cordillère royale, où le portage se fait traditionnellement à dos de lama plutôt qu’en véhicule.

Pour le Canada arctique, seule une agence spécialisée dans les expéditions en canoë de plusieurs semaines permet d’envisager sérieusement un parcours comme celui de la rivière Porcupine : matériel technique, connaissance fine du terrain, et gestion de l’autonomie alimentaire sur près de deux semaines sans aucun ravitaillement extérieur possible.

Comparer ces trois voyages américains

Destination Meilleure saison 2026 Type d’effort Formalités
Pantanal (Brésil) Juillet à septembre Modéré (chaleur, humidité) Formalités à vérifier avant départ
Cordillère royale et Salar (Bolivie) Mai à octobre (trek), janv.-mars (miroir) Élevé (altitude) À vérifier selon durée du séjour
Rivière Porcupine (Canada) Fin août à début septembre Très élevé (autonomie totale) AVE obligatoire par avion
Vancouver (Canada) Mai à septembre Faible AVE obligatoire par avion

Quelques repères pour organiser un voyage sur ce continent :

  • Le Pantanal se prépare surtout autour du choix de la fazenda ou pousada d’hébergement, qui détermine largement la qualité des observations.
  • En Bolivie, prévoir systématiquement deux à trois jours d’acclimatation avant tout effort physique en altitude.
  • Une expédition comme celle de la Porcupine ne s’improvise pas : elle se prépare avec une agence spécialisée dans le canoë-camping en milieu arctique.
  • Vancouver se découvre idéalement à vélo, le seul moyen de couvrir la diversité de ses quartiers en quelques jours.

Pour prolonger la préparation, notre partenaire Meet Latine explore plus largement les cultures d’Amérique latine, tandis que Voyage Canada et Osons voir ailleurs détaillent d’autres itinéraires nord-américains et destinations atypiques.

Trois voyages, trois budgets à anticiper

Le Pantanal reste, des trois destinations, celle où le coût principal se concentre sur l’hébergement en pousada ou fazenda et sur les vols intérieurs brésiliens vers Cuiabá ou Campo Grande, avec une vigilance particulière sur les correspondances si le vol international transite par un aéroport différent de celui du vol domestique. La Bolivie, à l’inverse, reste l’une des destinations les plus abordables d’Amérique du Sud une fois sur place, le principal poste de dépense étant le guide accompagnateur pour le trek en cordillère et les transports internes vers Uyuni et Potosí. Le Canada arctique, enfin, concentre l’essentiel du budget dans l’expédition encadrée elle-même : vols internes vers le Yukon, hydravion pour rallier le point de départ du canoë, et encadrement professionnel sur la durée complète du parcours, un poste de dépense qui ne se négocie pas à la baisse sans compromettre la sécurité du groupe. Ce même souci d’un encadrement professionnel se retrouve dans notre pilier Grand Nord, où plusieurs de nos expéditions polaires exigent une préparation logistique comparable.

D’autres terrains américains viendront enrichir ce guide, notamment un futur carnet consacré aux Andes péruviennes et un autre au Grand Nord canadien hivernal.

Questions fréquentes

La saison sèche, de juillet à septembre, offre les meilleures chances : les eaux basses concentrent la faune près des rivières, en particulier autour de la zone de Porto Jofre, réputée pour ses observations quasi quotidiennes durant cette fenêtre. La saison humide, de novembre à mars, inonde une grande partie du territoire et rend l'observation beaucoup plus aléatoire.

Oui, c'est le risque numéro un d'un voyage dans l'Altiplano bolivien : La Paz culmine à 3 600 mètres et l'aéroport international à 4 000 mètres, l'un des plus hauts du monde. Une acclimatation progressive, une montée en altitude par étapes et une bonne hydratation réduisent nettement le risque. En cas de doute, redescendre reste toujours la meilleure décision.

Non, mais une Autorisation de voyage électronique (AVE) est obligatoire pour tout séjour touristique de moins de six mois arrivant par avion. Elle coûte 7 dollars canadiens, se demande en ligne sur le site officiel du gouvernement canadien et reste valable cinq ans ou jusqu'à l'expiration du passeport. Elle n'est généralement pas requise pour une arrivée terrestre ou maritime.

Non, c'est une expédition exigeante réservée à des groupes encadrés par des professionnels locaux : portage du matériel, navigation en autonomie totale sur plusieurs centaines de kilomètres, conditions météo changeantes jusqu'à la neige en fin de parcours. Une expérience préalable du canoë-camping et une bonne condition physique sont indispensables avant de s'engager sur ce type de parcours.

C'est possible mais demande une bonne organisation, car les deux destinations se trouvent dans des pays différents avec des liaisons aériennes limitées entre elles. Beaucoup de voyageurs les traitent comme deux voyages distincts plutôt que comme une seule boucle, sauf à prévoir un temps de transit confortable via São Paulo ou La Paz.