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Passeport pour le mondeCarnets de voyage au long cours

16° S, La Paz

Bolivie : cols de la cordillère Royale, mine de Potosí et Salar d'Uyuni

Amériques

Voyageuse en tenue de trek face aux sommets enneigés de la cordillère Royale bolivienne

De l'aéroport le plus haut du monde aux galeries du Cerro Rico, en passant par les cols à 5000 mètres de la cordillère Royale et l'horizon blanc du Salar d'Uyuni, ce carnet raconte une Bolivie d'altitude, entre émerveillement et gravité.

La Bolivie de l’Altiplano se vivait d’abord dans le souffle court, puis dans l’immensité: cols proches de 5000 mètres, bivouacs au bord des lagunes, lamas de bât et sommets glacés. Ce voyage s’adressait aux marcheurs expérimentés, capables d’accepter le froid, la lenteur et une acclimatation rigoureuse. La saison sèche, de mai à octobre, restait en 2026 la période la plus stable pour la Cordillère royale et le Salar d’Uyuni. À cette ivresse de l’altitude répondait la visite éprouvante du Cerro Rico, à Potosí: une plongée physique et historique dans une montagne toujours exploitée, dont la beauté ne pouvait faire oublier le coût humain.

El Alto, le premier avertissement

À l’aéroport d’El Alto, posé à 4000 mètres, l’altitude ne nous avait laissé aucun délai. Quelques pas après la descente de l’avion, le souffle s’était raccourci comme après une course. Les gestes ordinaires semblaient trop rapides: porter un sac, suivre un couloir, parler en marchant. L’air était bien là, froid et sec, mais l’oxygène manquait déjà.

La Paz s’étageait ensuite entre 3600 et 3800 mètres selon les quartiers. La ville ne constituait donc pas une descente suffisante pour oublier le mal des montagnes. Elle était plutôt le seuil du voyage, un vaste amphithéâtre urbain où nous devions apprendre à ralentir avant de regarder vers les cols de la Cordillère royale. Dans cette partie des Amériques andines, l’acclimatation n’était pas un confort ajouté au programme: elle en commandait toute la suite.

Nous avions marché sans chercher le rythme, bu abondamment et observé les réactions de notre corps. La règle était simple: progresser lentement, s’hydrater et redescendre rapidement si les symptômes devenaient préoccupants. Les étapes à venir franchiraient presque quotidiennement des altitudes comprises entre 4700 et 5000 mètres, avec un point haut à 5070 mètres. Une mauvaise adaptation aurait transformé un itinéraire splendide en entreprise dangereuse.

Le lac Titicaca, aperçu avant le départ du trek, avait servi de palier. Son étendue calmait l’impatience. Dans cette lumière d’altitude, les distances paraissaient nettes, presque faciles, alors même que chaque pente rappelait la faiblesse provisoire de nos jambes. Nous avions compris que ce voyage ne se gagnerait ni par la vitesse ni par l’obstination, mais par une succession de renoncements minuscules: marcher moins vite, parler moins, ménager chaque effort.

Le temps des lamas et du col Cantador

Nous étions partis pour cinq jours avec un guide français installé à La Paz, également auteur d’un guide Petit Futé consacré à la Bolivie, et une équipe de muletiers. Les lamas portaient les bagages. Leur présence donnait au convoi une allure ancienne, mais leur chargement n’avait rien d’une scène paisible.

Lorsqu’une bête s’échappait au-dessus d’un enclos, il fallait la reprendre au lasso. Trois personnes étaient nécessaires pour immobiliser puis charger chaque lama. L’un tenait, l’autre ajustait les sacs, le troisième tentait de préserver un équilibre toujours précaire. Nous avions surtout appris à nous tenir hors de portée des crachats. Leur odeur s’accrochait aux vêtements avec une ténacité que l’air froid ne dissipait pas. La scène prêtait à rire, jusqu’au moment où le sentier se redressait et où nous mesurions ce que nous devions à ces porteurs.

Le premier grand passage, le col Cantador, culminait à 4750 mètres. Le pas s’était réduit à une mécanique élémentaire: poser le pied, reprendre de l’air, regarder quelques mètres devant soi. À cette altitude, l’idée même d’un rythme soutenu perdait son sens. Nous avancions avec la patience des animaux, sous un ciel qui semblait plus proche et dans un silence interrompu par le frottement des charges.

Le bivouac avait été installé près de la laguna Ajwani. Après la fatigue du col, l’eau immobile formait une respiration horizontale. Les gestes du soir étaient devenus précis: retrouver une couche chaude, protéger ce qui devait rester sec, boire malgré le froid. Pour préparer ce type de trek d’altitude et comprendre l’adaptation à 5000 mètres, l’endurance comptait, mais l’humilité comptait davantage. Le corps décidait seul de la vitesse autorisée.

Du Paso Milluni à la laguna Jurikhota

Le lendemain, le Paso Milluni nous avait conduits à 4935 mètres. L’Ancohuma et le Huayna Potosí se détachaient dans l’espace minéral. Le second, qui atteint 6088 mètres, dominait déjà l’itinéraire comme un repère presque permanent. La blancheur des hauts sommets contrastait avec les pentes brunes, les pierres et les herbes rases de l’Altiplano.

Le col Janchillani, à 4650 mètres, avait ensuite ouvert une vue sur le Condoriri. Nous avions perdu un peu d’altitude sans retrouver pour autant un air généreux. La marche restait lente, mais les yeux prenaient le relais des poumons: chaque changement d’angle recomposait la chaîne, chaque épaule révélait une lagune ou un nouveau versant.

Trekkeurs et lamas de bât progressant sur un col de la Cordillère royale bolivienne à plus de 4900 mètres d'altitude
Un col de la Cordillère royale à près de 5000 mètres, franchi avec l'aide des lamas de bât.

À la laguna Jurikhota, le bivouac s’était organisé dans cette alternance de fatigue et d’émerveillement qui réglait désormais nos journées. Les animaux arrivaient avec les sacs, l’équipe retrouvait ses tâches, et nous restions quelques instants face à l’eau avant que le froid ne nous impose de bouger. Rien n’était spectaculaire au sens théâtral du terme. Le paysage agissait par dépouillement: roche, herbe, eau, neige et ciel.

Nous pensions alors à d’autres territoires où l’horizon impose lui aussi sa loi, comme dans ce voyage au Pantanal brésilien. Ici, pourtant, la contrainte venait moins de l’eau que de l’air. Même au repos, le cœur rappelait l’altitude. Il suffisait de se pencher trop vite sur un sac pour ressentir une brève accélération.

La Cordillère royale ne nous donnait jamais l’impression d’être conquise. Nous ne faisions que passer entre ses lagunes et ses cols, grâce au guide, aux muletiers et aux lamas. Cette dépendance collective corrigeait l’image solitaire souvent associée à la haute montagne.

Trois cols sous le Huayna Potosí

La journée suivante avait porté l’altitude à 5070 mètres. Depuis ce col, le Condoriri et l’Alpamayo Pequeño occupaient le regard. L’effort n’avait rien d’héroïque: il était fait de pauses courtes, de souffles comptés et d’une attention constante aux sensations. Là-haut, une accélération inutile se payait immédiatement.

Deux autres cols avaient suivi: Jallayko à 5000 mètres, puis Jistana à 4950 mètres. Leur succession avait créé une fatigue particulière. Chaque descente laissait espérer un répit, mais la pente suivante réclamait de nouveau toute notre concentration. Les lamas poursuivaient leur marche avec les charges, parfois rétifs au départ, toujours essentiels à la continuité du trek.

La longue descente vers la laguna Livinosa avait changé le mouvement sans supprimer l’effort. Le Huayna Potosí, massif et glacé, dominait toujours le parcours. Descendre demandait d’autres appuis, une vigilance accrue sur les pierres et assez de réserve pour rejoindre le bivouac. Nous avions cessé de compter les mètres pour nous concentrer sur la régularité du pas.

Le camp de base du Condoriri avait été établi au bord de la laguna Chiarkhota. Après les cols, ce bord d’eau avait pris la valeur d’un refuge. Le froid restait vif, les corps fatigués, mais l’immobilité de la lagune absorbait une partie de la tension accumulée.

Le dernier mouvement du trek nous avait entraînés dans des vallées progressivement plus encaissées. À mesure que nous perdions de l’altitude, le paysage se resserrait. Botijlaca se trouvait à 3600 mètres, niveau qui nous aurait paru extrême quelques jours plus tôt mais que nous recevions désormais comme une respiration. Le dernier bivouac, à Ancohuma, à 3830 mètres, refermait la traversée sans effacer les sensations des cols.

Sud Lipez, la couleur dans le désert

Le prolongement vers le sud Lipez avait changé l’échelle et la palette. Après les hautes vallées de la Cordillère royale, nous avions retrouvé d’autres formes d’altitude: volcans, lagunes minérales, déserts et pistes où les incidents mécaniques faisaient partie du déplacement.

À 4278 mètres, la laguna Colorada devait sa teinte rouge aux algues et au plancton présents dans une eau riche en minéraux. Des flamants de James, au plumage rose tacheté de rouge, se tenaient dans ce décor où la couleur semblait provenir autant du sol que des oiseaux. Plus loin, le volcan Isluga atteignait 5530 mètres.

La laguna Verde s’étendait sous le Licancabur, haut de 6004 mètres. Son écume verte ou blanche résultait de sa concentration en carbonate, plomb, soufre, arsenic et calcium. La beauté du lieu ne pouvait donc être dissociée de sa chimie. Dans l’air froid, l’eau colorée et le cône volcanique composaient une image nette, mais nullement douce.

Les geysers Sol de Mañana, à 4850 mètres, ramenaient le paysage au mouvement. La boue bouillonnait dans les mares, les fumerolles sulfureuses sortaient du sol et l’altitude rendait l’approche plus physique qu’elle ne paraissait. Le désert de Dalí, à 4750 mètres, puis le désert de Siloli et son Arbol de Piedra poursuivaient cette impression d’un territoire réduit à ses éléments.

Nous avions aussi vu le Tunupa, qui atteint 5400 mètres. Entre ces sites, la route n’avait pas été une simple liaison. Une panne d’essence, une suspension cassée, des villages fantômes et des trafiquants de véhicules croisés en chemin avaient rappelé la fragilité de tout itinéraire. La fameuse « route de la mort » appartenait également à ces souvenirs où le déplacement comptait autant que le lieu atteint.

Cette expérience de progression isolée trouvait un lointain écho dans notre carnet de canoë au Canada: même nécessité de dépendre du matériel, même attention aux distances, mais ici les pistes, le froid sec et l’altitude remplaçaient les rivières et les portages.

Le Salar d’Uyuni, horizon de sel

À 3653 mètres, le Salar d’Uyuni avait ouvert une étendue blanche dont les limites se perdaient dans la lumière. Présenté comme le plus grand désert de sel du monde, il n’avait occupé qu’une courte place dans notre carnet d’origine, mais sa géométrie nue prolongeait naturellement les paysages de l’Altiplano.

L’Isla de los Pescadores rompait l’horizontalité. Ses cactus Trichoreus dépassaient 12 mètres de haut, silhouettes verticales dans un univers dominé par le sol et le ciel. Après les reliefs de la Cordillère royale et les volcans du sud Lipez, le Salar donnait l’impression d’avoir supprimé tout obstacle. Cette facilité n’était qu’optique: les distances restaient considérables et l’accès dépendait d’un véhicule et d’une organisation adaptée.

Étendue blanche et infinie du Salar d'Uyuni sous un ciel dégagé, avec les silhouettes lointaines d'un groupe de voyageurs
Le Salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel du monde, prolongement naturel d'un séjour dans l'Altiplano bolivien.

Nous nous souvenions surtout de la manière dont les silhouettes se détachaient sur le blanc. Aucun premier plan ne venait donner spontanément l’échelle. Le ciel semblait peser directement sur la croûte saline et les voyageurs devenaient de simples points. Après plusieurs jours à mesurer l’espace par les cols, les lagunes et les sommets, il fallait apprendre une autre lecture: celle d’une surface presque sans relief.

En 2026, le Salar était devenu la destination la plus demandée de Bolivie dans le tourisme organisé. Cette popularité ne devait toutefois pas masquer la logique géographique du voyage. Il ne s’agissait pas d’une excursion directe d’une journée depuis La Paz: il fallait rejoindre Uyuni ville ou intégrer le site à un circuit de plusieurs jours.

Potosí, la montagne au-dessus de la ville

Le passage à Potosí avait brutalement déplacé notre regard. À 4070 mètres, la ville était présentée comme la plus haute du monde. Elle se lovait au pied du Cerro Rico, qui culmine à 4782 mètres. Depuis l’extérieur, la montagne dessinait une présence massive. À l’intérieur, elle était un réseau d’ombre, de chaleur et de galeries.

Le gisement d’argent, découvert par les Espagnols en 1545, avait été le plus important de l’histoire. La montagne était devenue un « gruyère » percé de près de 600 galeries, comprenant environ 200 mines et 600 puits, dont le plus profond descendait à 450 mètres. Ces chiffres donnaient une mesure abstraite de ce que nous allions éprouver physiquement.

Avant d’entrer, nous étions passés par le marché des mineurs. Il fallait s’équiper d’une combinaison, d’un casque muni d’une lampe frontale et de bottes. Il fallait aussi acheter les cadeaux traditionnellement apportés aux travailleurs:

  • des gâteaux secs;
  • des feuilles de coca à mastiquer;
  • des cigarettes;
  • des bâtons de dynamite;
  • du sulfate d’ammonium;
  • de l’alcool à 96° destiné notamment à El Tío.

El Tío était la divinité protectrice souterraine des mineurs. Avant chaque explosion, on lui offrait de la coca, une cigarette et de l’alcool. Cette relation au monde souterrain ne relevait pas d’un décor destiné aux visiteurs. Elle s’inscrivait dans les pratiques d’hommes travaillant au milieu des éboulements possibles, de la poussière et de la dynamite. Pour replacer ces gestes dans l’ensemble de la culture andine et des traditions minières liées à El Tío, il fallait écouter sans transformer le rite en curiosité pittoresque.

La ville de Potosí, patrimoine mondial de l’UNESCO, avait été inscrite en 1987. Mais ce classement ne séparait pas la ville de la montagne qui avait produit sa richesse et son drame. Le Cerro Rico restait exploité, instable et indispensable à des milliers de travailleurs.

Dans les galeries du Cerro Rico

La visite vécue en 2005 avait été racontée des années plus tard, tant ses sensations demeuraient précises. Nous avions avancé à quatre pattes dans des galeries étroites et sombres. La chaleur dépassait 40°, contraste violent avec l’air froid de Potosí. Le casque heurtait parfois la roche, les bottes glissaient dans les passages resserrés et la poussière s’installait partout.

Le bruit des explosions de dynamite parcourait continuellement la montagne. Lors d’une préparation de tir, la mèche avait été allumée, puis nous nous étions repliés dans un boyau de sécurité situé à une centaine de mètres. L’attente avait réduit le temps à quelques secondes incertaines. La déflagration était enfin arrivée, suivie d’une poussière dense. Le Cerro Rico n’était plus alors un sommet observé depuis la ville, mais une masse qui vibrait autour de nous.

Les outils restaient manuels, les étayages précaires et les protections minimales. L’absence de masques rendait la poussière plus oppressante encore. Nous avions croisé des enfants poussant des brouettes de minerai plus lourdes qu’eux. Cette vision nous avait arrêtés. Nous n’avions pas osé les photographier. Le refus de l’image était devenu une manière, insuffisante mais immédiate, de ne pas transformer leur travail en scène de voyage.

Entre 1545 et l’indépendance bolivienne de 1825, environ huit millions de morts avaient été recensés dans les mines du Cerro Rico. Les premiers travailleurs forcés étaient des Indiens de l’Altiplano; des esclaves africains avaient ensuite été amenés en renfort. À partir de 1572, des roulements de douze heures sous terre pendant quatre mois pouvaient les priver de la lumière du jour durant toute cette période.

Au moment des données réunies dans notre dossier, environ 15 000 mineurs travaillaient encore dans la montagne. Les galeries anciennes, les explosions et l’insuffisance des équipements maintenaient un niveau de danger extrême. La photographie pouvait témoigner des lieux, mais elle exigeait ici une retenue particulière. Nos repères de photographie en voyage ne remplaçaient jamais la question essentielle: que montrons-nous, et au prix de quelle exposition pour ceux qui vivent là?

Le contraste avec la Cordillère royale était total sans être artificiel. Là-haut, l’altitude ouvrait l’horizon. Ici, à une hauteur comparable, elle s’enfonçait dans la roche. Les mêmes montagnes qui suscitaient l’émerveillement pouvaient aussi enfermer, user et tuer.

Préparer le voyage en 2026

La saison sèche, de mai à octobre, demeurait en 2026 la période recommandée pour le trek en Cordillère royale et le Salar d’Uyuni. Les conditions étaient alors plus stables en altitude. De décembre à mars, la saison des pluies rendait les sentiers glissants et compliquait les pistes du sud Lipez.

Pour les ressortissants français, un séjour touristique de moins de 90 jours ne nécessitait pas de visa en 2026. Le passeport devait rester valide au moins six mois après l’entrée en Bolivie, et le formulaire douanier 250 devait être rempli à l’arrivée. Avant le départ, nous consulterions les conseils officiels aux voyageurs pour la Bolivie.

Les accès et budgets disponibles en 2026 se résumaient aux ordres de grandeur suivants:

Projet Accès ou durée Budget indicatif 2026
Salar depuis La Paz Tour organisé de 1 à 3 jours; prévoir généralement 2 à 5 jours pour l’aller-retour en bus Selon la formule choisie
Salar depuis Potosí Rejoindre d’abord Uyuni ville, puis prendre un tour local en 4x4 Selon l’opérateur
Excursion au Salar depuis Uyuni 8 à 10 heures Environ 56 à 72 € par personne
Circuit avec lagunes et geysers depuis La Paz 2 à 3 jours Environ 180 à 400 € par personne

Ces montants variaient selon l’opérateur et la saison. Le dossier ne fournissait pas de budget global pour la Cordillère royale, Potosí, les transports internationaux ou les hébergements: mieux valait donc raisonner par modules plutôt que promettre un coût total artificiellement précis.

Pour le trek, notre préparation reposait sur quelques priorités non négociables:

  • prévoir une véritable acclimatation avant les cols;
  • marcher lentement et boire beaucoup;
  • accepter une redescente immédiate en cas de problème;
  • garder en tête que les bivouacs se déroulent à haute altitude;
  • ne pas confondre expérience de la marche et adaptation physiologique.

Le Salar ne devait pas être ajouté comme une sortie improvisée depuis La Paz. Depuis Potosí également, il fallait d’abord gagner Uyuni ville avant de partir en 4x4. Les temps de route et l’état possible des pistes du sud Lipez faisaient partie intégrante de l’itinéraire.

Ce qui a changé depuis notre passage

Depuis notre trek de 2014 et la visite de la mine vécue en 2005, l’organisation touristique du Salar avait profondément changé. Ce qui n’était dans nos carnets qu’un prolongement visuel de l’Altiplano s’était imposé comme la destination bolivienne la plus demandée par le tourisme organisé. Les excursions étaient désormais largement structurées au départ d’Uyuni ville, pour une journée ou plusieurs jours avec les lagunes et les geysers.

Au Cerro Rico, le changement n’avait malheureusement pas signifié la fin de l’exploitation. Celle-ci s’était même intensifiée par endroits avec la hausse des cours des métaux. Une extraction au-dessus de 4400 mètres était désormais interdite et des travaux de consolidation du sommet avaient été engagés. Pourtant, le problème central demeurait: des galeries vieilles de quatre siècles, poreuses et instables, continuaient d’affaiblir la montagne.

Potosí avait été placée en 2014 sur la liste du patrimoine mondial en péril, en raison du risque d’effondrement du sommet, de l’absence d’une politique de conservation intégrale et de la poursuite incontrôlée des activités minières. En 2026, la vigilance de l’UNESCO restait d’actualité.

Les données les plus récentes rendaient tout effet de distance impossible. Plusieurs reportages de 2026 faisaient état d’environ 113 morts recensés dans les mines de Potosí depuis le début de cette seule année. Beaucoup de mineurs travaillaient encore sans assurance santé et avec un équipement minimal. Le bruit des explosions entendu lors de notre passage n’appartenait donc pas à un monde disparu.

C’est ce contraste qui restait en mémoire: au-dessus du sol, les cols, les lagunes et la lumière donnaient à l’Altiplano une ampleur presque irréelle; sous le Cerro Rico, la même altitude devenait chaleur, poussière et enfermement. Voyager entre ces deux réalités obligeait à tenir ensemble l’émerveillement et la gravité, sans laisser l’un effacer l’autre.

Questions fréquentes

Non, un séjour touristique de moins de 90 jours ne nécessite pas de visa pour les ressortissants français. Le passeport doit rester valide au moins six mois après la date d'entrée, et un formulaire douanier (formulaire 250) doit être rempli à l'arrivée.

La saison sèche, de mai à octobre, offre les conditions les plus stables en haute altitude. La saison des pluies, de décembre à mars, rend les sentiers glissants et complique l'accès aux pistes du sud Lipez.

Pas en une journée : depuis La Paz, il faut compter un circuit organisé de 2 à 5 jours incluant le trajet en bus. Depuis Potosí, le plus simple est de rejoindre d'abord la ville d'Uyuni, puis de prendre un tour local en 4x4.

Oui, environ 15 000 mineurs y travaillent encore, souvent dans des conditions précaires. Des reportages de 2026 font état d'une centaine de morts recensés depuis le début de l'année dans les mines de Potosí, un chiffre qui confirme que les dangers décrits restent une réalité actuelle.

Oui, c'est le facteur le plus déterminant du voyage. L'aéroport d'El Alto est le plus haut du monde à 4000 mètres, et La Paz culmine déjà à 3600-3800 mètres. Il est indispensable de marcher lentement, boire beaucoup et redescendre rapidement en cas de symptômes préoccupants.

La ville a été inscrite au patrimoine mondial en 1987, puis placée sur la liste du patrimoine en péril en 2014, en raison du risque d'effondrement du sommet du Cerro Rico, de l'absence d'une politique de conservation intégrale et de la poursuite incontrôlée de l'exploitation minière.

Oui, c'est l'enchaînement le plus logique : le trek se fait au départ de La Paz, puis le Salar et le sud Lipez se rejoignent en poursuivant vers le sud, généralement via un circuit organisé depuis Uyuni ville.