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9° S, îles Marquises

Îles Marquises : Hiva Oa, Nuku Hiva et Ua Pou, sur les traces de Gauguin et Brel

Pacifique

Voyageuse en robe légère face aux tikis monumentaux du site de Lipona à Hiva Oa

Trois îles marquisiennes, trois ambiances : les tikis monumentaux de Hiva Oa, les falaises et la cascade géante de Nuku Hiva, et les pitons volcaniques préservés de Ua Pou. Voici notre traversée de l'archipel le plus reculé de Polynésie.

Aux Marquises, on ne parle pas de simple archipel mais de « Terres des Hommes », Te Henua Enana en langue marquisienne. Ce nom résume à lui seul la démesure du lieu : des montagnes aux pics acérés qui semblent transpercer les nuages, des tikis monumentaux vestiges d’une civilisation puissante, et une poignée d’écrivains et d’artistes, de Gauguin à Brel, qui y ont trouvé refuge jusqu’à ne plus vouloir repartir. Nous avons traversé trois de ces îles, Hiva Oa, Nuku Hiva et Ua Pou, chacune avec son caractère bien à elle.

Ce carnet complète notre exploration du Pacifique, où chaque archipel polynésien révèle une identité culturelle distincte. Aux Marquises, davantage qu’ailleurs en Polynésie française, cette identité se lit directement dans la pierre, à travers des vestiges archéologiques d’une densité rare pour des îles aussi reculées.

Hiva Oa, l’île aux tiki

L’archipel des Marquises se situe à environ trois heures de vol de Papeete, à mille cinq cents kilomètres au nord de Tahiti. Autant dire que rien n’y arrive par hasard : chaque île se mérite. Hiva Oa impose d’emblée sa présence, entre plages de sable gris et massifs volcaniques abrupts, sur cette terre où le tourisme reste encore marginal.

Le site archéologique de Lipona, près du village de Puamau, concentre l’essentiel de cette richesse patrimoniale. Restauré après que la plupart de ses statues étaient tombées au fil des siècles, l’ensemble comprend plusieurs tikis remarquables, dont le plus grand de toute la Polynésie : Taka’i’i, du nom d’un chef guerrier, taillé dans le keetu, une pierre volcanique rouge, et culminant à 2,67 mètres. À ses côtés, le tiki couché Maki Taua Pepe représente une femme sur le point d’accoucher, entourée de pétroglyphes de chiens, tandis que Fau Poe, assis jambes écartées, serait la représentation de l’épouse de Takaii.

En 2026, l’entrée du site reste fixée à 300 francs pacifiques, et l’accès se fait par une piste d’environ un kilomètre et demi depuis Puamau, où un 4x4 est vivement recommandé. Comptez près de deux heures trente de route depuis Atuona ; une excursion organisée à la journée, déjeuner marquisien compris, revient à environ 11 000 francs pacifiques par personne.

D’autres tikis plus discrets jalonnent le site : le Tiki Manuiotaa, dont on reconnaît nettement les mains et les traits féminins, ou le Tiki Te Tovae E Noho, décapité mais doté d’étranges mains à six doigts, dont la signification reste mystérieuse même pour les guides locaux les plus expérimentés. Non loin de la pension Marie-Antoinette se trouve également la tombe de la dernière cheffesse de l’île, encadrée par deux tikis gardiens. Un peu plus loin encore, près du petit aérodrome, un « tiki souriant » surprend par son expression inhabituelle : contrairement à la plupart des représentations marquisiennes, sévères et imposantes, celui-ci arbore un sourire dont l’origine et la signification demeurent, là aussi, largement débattues.

Toute cette route menant à Puamau se révèle elle-même être une attraction à part entière : les points de vue sur les baies successives, notamment celle d’Anahi, valent largement quelques arrêts photo avant d’atteindre le site archéologique.

Sur les traces de Gauguin et Brel à Atuona

Impossible d’évoquer Hiva Oa sans parler de ses deux résidents les plus célèbres. Paul Gauguin y a peint ses dernières toiles, Jacques Brel y a posé son avion, surnommé Jojo, avant d’y vivre ses dernières années. Le petit musée qui lui est consacré, installé dans un simple hangar, raconte un aspect méconnu de l’artiste : pilote bénévole pour les urgences et le courrier des habitants, cuisinier généreux organisant volontiers des séances de cinéma en plein air pour les enfants de l’île.

Les deux hommes reposent aujourd’hui au cimetière du Calvaire, à Atuona, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. La tombe de Brel se distingue par sa sobriété, un simple médaillon avec sa compagne ; celle de Gauguin, plus massive, reprend une copie de sa statue « Oviri », incarnation du sauvage qu’il revendiquait être. Le cimetière domine la baie des Traîtres, un panorama qui à lui seul justifie la visite.

Les Marquises sont également connues pour un événement culturel majeur, le festival des Arts Marquisiens, qui rassemble tous les quatre ans chants, danses et artisanat traditionnel pendant plusieurs jours, avec une île hôte différente à chaque édition. L’événement attire des visiteurs venus de toute la Polynésie, et les rares hébergements disponibles sur l’île hôte se réservent alors plusieurs années à l’avance tant les capacités d’accueil restent limitées sur ces terres reculées. Assister à cette célébration reste, de l’aveu de nombreux voyageurs, l’une des expériences culturelles les plus fortes que l’on puisse vivre en Polynésie française, tant la densité et l’authenticité des spectacles dépassent largement ce que l’on peut voir dans les représentations plus touristiques de Tahiti.

Non loin de là, le village archéologique de Taaoa mérite le détour : son site de Upeke rassemble plus de mille plates-formes de pierre, les paepae, autour du plus grand espace communautaire de danse de l’île, tandis qu’une petite église de pierre, la première construite sur Hiva Oa, évoque étonnamment les chapelles bretonnes. Pour y accéder depuis Atuona, sept kilomètres de piste suivent une corniche offrant elle aussi de superbes points de vue sur la côte, dans un décor de végétation dense qui enserre littéralement les vestiges archéologiques.

Tikis monumentaux en pierre volcanique rouge sur le site archéologique de Lipona à Hiva Oa
Le site de Lipona à Puamau abrite le plus grand tiki de Polynésie, sculpté dans la pierre volcanique rouge.

Cette omniprésence de la nature autour des sites patrimoniaux se retrouve d’ailleurs dans tout l’archipel : elle contraste fortement avec la Polynésie plus urbanisée de Tahiti et Papeete, et rapproche davantage l’expérience marquisienne de celle que l’on peut vivre dans notre carnet consacré aux Australes, Raivavae, Rurutu et Papeete, une autre facette moins connue de la Polynésie française.

Nuku Hiva, la grande île sauvage

Après Hiva Oa, cap sur Nuku Hiva, la plus vaste des îles Marquises, réputée pour ses vallées majestueuses et sa baie profonde qui sert de mouillage aux voiliers effectuant le tour du monde. Taiohae, le village principal, se découvre idéalement depuis le sommet du mont Muake, d’où l’on embrasse toute la baie et les deux îlots rocheux qui la flanquent, surnommés les sentinelles.

Sur le front de mer, le site de Piki Vehine, recréé à l’occasion d’un précédent festival des Arts Marquisiens, rassemble sculptures récentes et habitat traditionnel. La cathédrale Notre-Dame des Marquises, elle, a la particularité d’être bâtie avec des pierres provenant des six îles de l’archipel, symbole d’unité marquisienne inscrit dans la pierre. Une courte marche d’environ quarante-cinq minutes mène également à la baie Colette, une échappée facile pour qui souhaite s’éloigner un peu du village sans prévoir une expédition complète.

Plus au nord, le village de Hatiheu séduit par sa baie dominée par une statue de la Vierge hissée à environ trois cents mètres d’altitude, encadrée de parois rocheuses impressionnantes. Une église à deux clochers, entourée d’un jardin fleuri, occupe le centre du village, dans une atmosphère qui reste étonnamment paisible même lorsque le temps se couvre et rend le paysage plus dramatique qu’à l’accoutumée.

La vraie aventure commence dans la vallée d’Hakaui, où un sentier longe des falaises de basalte de huit cents mètres de haut pour rejoindre la cascade Vaipo, haute de trois cent cinquante mètres et considérée comme la troisième plus haute cascade au monde. L’accès se fait en deux temps : environ quarante minutes de bateau rapide depuis Taiohae jusqu’à la baie de Hakatea, puis près de trois heures de marche aller le long d’un environnement verdoyant parsemé de paepae, vestiges d’un ancien site royal. L’approche immédiate du pied de la cascade reste interdite en raison d’un risque d’éboulement, mais le spectacle depuis un peu plus loin vaut à lui seul l’effort de la randonnée.

Pour les amateurs d’archéologie, les sites de Hikokua, Kamuihei et Teiipoka, près du village de Hatiheu, complètent la visite avec leurs plates-formes cérémonielles, leurs banyans géants et leurs pétroglyphes de tortues remarquablement conservés. Le site de Hikokua, en particulier, compose un décor de carte postale saisissant, avec ses cocotiers au premier plan et les pics rocheux qui se dressent juste derrière.

Une autre curiosité mérite le détour pour qui dispose de temps : le petit village d’Aakapa, sur la côte nord, niché au creux de montagnes en forme d’aiguilles, offre un dépaysement total loin des itinéraires les plus fréquentés de l’île.

Ua Pou, l’île aux cailloux fleuris

Troisième et dernière étape de notre traversée, Ua Pou se distingue immédiatement par sa silhouette : une impressionnante chaîne de pitons volcaniques en forme de pains de sucre, qui lui a valu son surnom, « les Piliers ». Beaucoup moins visitée que ses deux voisines, elle se mérite déjà par son accès : la piste d’atterrissage, courte et loin d’être plate, s’est bâti une réputation redoutée jusque chez les pilotes les plus expérimentés de la région.

Depuis Papeete, l’île se rejoint généralement via une correspondance à Nuku Hiva ou Hiva Oa plutôt qu’en vol direct. Une fois sur place, le dépaysement est total : à Hakahau, le village principal, une courte marche mène à la croix blanche qui domine la baie ; à Hakahetau, une église au clocher rouge se dresse au milieu d’un jardin fleuri, dans un village qui compte une communauté d’artistes locaux discrète mais active.

Loin d’être un simple détail anecdotique, l’atterrissage sur cette île mérite d’être raconté : la piste, courte et loin d’être plate, fait plonger l’avion dans une légère cuvette avant de remonter brusquement en bout de piste. Une sensation de montagnes russes qui laisse rarement les passagers indifférents, et qui explique pourquoi certains pilotes locaux considèrent cet aérodrome comme l’un des plus exigeants de tout l’archipel.

Cascade Vaipo entourée de falaises de basalte dans la vallée d'Hakaui à Nuku Hiva
La cascade Vaipo, dans la vallée d'Hakaui, figure parmi les plus hautes du monde.

La baie de Hakanai ajoute une touche de piquant supplémentaire à la visite : sa plage de sable blanc et son eau turquoise abritent régulièrement des silhouettes de requins, parfaitement visibles depuis le rivage grâce à la transparence de l’eau. Rien d’inquiétant pour la baignade encadrée, mais un spectacle qui rappelle, s’il en était besoin, à quel point ces îles restent sauvages et préservées.

La baie de Hohoi concentre la curiosité géologique de l’île : c’est là que l’on trouve les fameuses pierres fleuries, ou keetu pua, des galets à la pigmentation naturelle unique, que l’on ne rencontre nulle part ailleurs au monde hormis dans une région du Brésil. Les sculpteurs locaux les travaillent depuis des décennies pour en faire des objets d’art très recherchés, malgré la dureté de la pierre. Un artisan de l’île résume bien cette fierté locale : une fois poli, chaque caillou devient une pièce unique, différente de toutes les autres, un peu à l’image de la vallée d’où elle provient.

Côté hébergement, l’offre reste volontairement limitée à Ua Pou, loin des standards des grandes destinations polynésiennes : quelques pensions familiales, souvent tenues par des couples locaux, accueillent les rares visiteurs avec une hospitalité qui compense largement le confort parfois sommaire. C’est précisément cette rareté de l’offre touristique qui préserve l’authenticité de l’île, mais qui impose aussi d’anticiper sérieusement sa réservation avant le départ.

Le départ de l’île peut lui aussi réserver une surprise inattendue : lors de notre passage, un vol retour s’est effectué en configuration entièrement privée, sans aucun autre passager à bord, briefing de sécurité personnalisé compris. Une anecdote presque cocasse qui illustre bien à quel point la fréquentation touristique de Ua Pou reste, aujourd’hui encore, sensiblement plus faible que celle de ses deux voisines plus connues de l’archipel.

Ce qui a changé depuis notre passage

La desserte aérienne inter-îles assurée par Air Tahiti reste garantie sur le long terme grâce à une délégation de service public récemment prolongée jusqu’en 2027, ce qui sécurise l’accès aux trois îles pour les années à venir. En revanche, la fréquentation liée aux escales de croisière, déjà perceptible lors de notre passage, s’est accentuée : mieux vaut anticiper les jours d’arrivée des grands navires si l’on souhaite profiter de villages plus calmes et authentiques.

Préparer son voyage dans l’archipel

Île Point fort Accès depuis Papeete
Hiva Oa Tikis de Lipona, tombes Gauguin et Brel Vol direct Air Tahiti
Nuku Hiva Cascade Vaipo, baie de Taiohae Vol direct Air Tahiti
Ua Pou Pierres fleuries, pitons volcaniques Correspondance via Nuku Hiva ou Hiva Oa

Un tableau qui ne dit toutefois pas tout : chaque île mérite au minimum deux à trois nuits pour être appréciée sereinement, sans quoi le voyage se transforme vite en une succession d’escales trop courtes pour vraiment ressentir l’esprit de chacune.

  • Réserver l’hébergement plusieurs mois à l’avance : l’offre reste limitée sur les trois îles, plus encore à Ua Pou.
  • Prévoir un budget spécifique pour les excursions en 4x4, souvent indispensables pour rejoindre les sites archéologiques isolés.
  • Se renseigner sur les dates d’escale des navires de croisière si l’on souhaite éviter l’affluence dans les petits villages.
  • Vérifier le calendrier du festival des Arts Marquisiens si l’on souhaite caler son séjour sur cet événement quadriennal.
  • Prévoir une marge de plusieurs jours entre chaque île : les correspondances aériennes locales dépendent souvent de la météo et peuvent être décalées.
  • Emporter suffisamment d’espèces en francs pacifiques : les moyens de paiement électroniques restent peu fiables une fois sortis des rares chefs-lieux de chaque île.

Traverser ces trois îles à la suite, c’est un peu remonter le temps par étapes : de la démesure archéologique de Hiva Oa à la démesure géologique de Nuku Hiva, jusqu’à la discrétion préservée d’Ua Pou. Chacune impose son propre tempo, loin de toute standardisation touristique, et c’est précisément ce qui rend ce voyage aussi mémorable qu’exigeant à organiser.

Un dernier point mérite d’être évoqué pour qui envisage ce type de traversée inter-îles : la desserte assurée par les rotations de l’Aranui, ce cargo mixte qui ravitaille l’archipel tout en embarquant des passagers en croisière découverte. Si la formule séduit par sa dimension pratique, elle mérite d’être questionnée sur le plan de l’impact réel pour les populations locales : lors de nos deux passages coïncidant avec son arrivée, les rues habituellement calmes des villages se retrouvaient soudainement envahies par plusieurs centaines de visiteurs, sans que les commerces locaux n’en tirent nécessairement un bénéfice proportionné. Un sujet de réflexion qui vaut la peine d’être gardé à l’esprit avant de choisir son mode de découverte de l’archipel, entre vols inter-îles classiques et croisière de ravitaillement. Pour prolonger la découverte du Pacifique, notre hub Pacifique réunit tous nos carnets sur la région.

Pour un autre archipel du bout du monde, notre carnet Vanuatu, volcans et coutumes offre un contraste mélanésien saisissant.

Avant de partir, consultez les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères ainsi que le site de Tahiti Tourisme pour les informations pratiques actualisées sur l’accès aux sites archéologiques de l’archipel.

Pour organiser un grand voyage à deux dans ce type de destination reculée, notre partenaire rencontres-epiques.fr accompagne les couples en quête d’aventures hors des sentiers battus, tandis que osons-voir-ailleurs.com propose d’autres idées de destinations atypiques pour prolonger l’exploration du Pacifique.

Questions fréquentes

Air Tahiti assure des vols réguliers depuis Papeete vers Nuku Hiva et Hiva Oa, les deux îles les mieux desservies de l'archipel. Pour Ua Pou, il faut généralement passer par une correspondance via l'une de ces deux îles plutôt qu'un vol direct depuis Tahiti. Cette desserte inter-îles reste assurée dans le cadre d'une délégation de service public, ce qui garantit sa stabilité sur plusieurs années.

Hiva Oa séduit par sa richesse archéologique et son histoire liée à Gauguin et Brel, ce qui en fait une entrée en matière naturelle dans l'archipel. Nuku Hiva, plus grande et plus sauvage, complète bien ce premier contact, tandis que Ua Pou, plus confidentielle, se savoure en dernier pour son authenticité préservée.

L'entrée du site est fixée à 300 francs pacifiques. Une excursion organisée à la journée depuis Atuona, avec déjeuner marquisien inclus, coûte environ 11 000 francs pacifiques par personne, un budget qui inclut souvent le transport en 4x4, indispensable sur la piste d'accès.

Oui, elles se trouvent toutes les deux au cimetière du Calvaire, à Atuona sur l'île de Hiva Oa, à quelques centaines de mètres l'une de l'autre. Le lieu offre aussi une vue imprenable sur la baie des Traîtres, ce qui en fait une étape presque incontournable du séjour.

C'est un galet volcanique rare, le keetu pua, dont la pigmentation naturelle crée des motifs uniques une fois poli. On ne le trouve que dans deux endroits au monde : la baie de Hohoi à Ua Pou et certaines régions du Brésil. Les sculpteurs locaux le travaillent depuis des décennies pour en faire des objets d'art recherchés.

La cascade Vaipo, dans la vallée d'Hakaui, demande une vraie organisation : un trajet en bateau rapide depuis Taiohae jusqu'à la baie de Hakatea, puis environ trois heures de marche aller le long de falaises de basalte. L'approche finale de la cascade est interdite pour risque d'éboulement, mais le site reste impressionnant vu d'un peu plus loin.

Non, cet événement majeur de la culture marquisienne revient tous les quatre ans et change d'île hôte à chaque édition. Il rassemble danses, chants et artisanat traditionnel pendant plusieurs jours, et l'hébergement se réserve alors très longtemps à l'avance tant les capacités locales sont limitées.