Aller au contenu
Passeport pour le mondeCarnets de voyage au long cours

8° S, Java Est et Flores

Indonésie : le Kawah Ijen et les volcans de Flores

Asie

Voyageuse observant le lac turquoise du cratère du Kawah Ijen au lever du jour

Du lac acide du Kawah Ijen aux quatre volcans de Flores, un carnet où la beauté minérale croise le travail des porteurs de soufre et les croyances locales. Voici notre récit, entre effort physique et questions éthiques.

Ici, nous avons vécu le volcanisme au plus près : vapeurs corrosives, lacs acides, cendres qui crissent et longues pentes de lave. Ce voyage s’adresse aux randonneurs endurants, curieux des forces géologiques mais prêts à regarder aussi la réalité humaine du Kawah Ijen, où des hommes portent encore le soufre à dos d’homme. À Flores, l’effort se prolonge sur quatre volcans très différents, entre forêt, cratères colorés et rochers instables. Il faut partir en tenant compte de l’activité volcanique, marcher avant l’aube au Kelimutu et accepter qu’un accès puisse fermer sans préavis. Ce n’est ni une promenade confortable ni un simple décor photographique.

De Java à Flores, deux visages du feu

Notre itinéraire associait deux terres volcaniques indonésiennes. À Java Est, le Kawah Ijen concentrait tout dans un même paysage : un immense cratère, un lac turquoise hautement acide, des émanations toxiques et le travail quotidien des porteurs de soufre. À Flores, dans les Petites Îles de la Sonde, les volcans rythmaient au contraire un voyage plus étiré, entre traversées en bateau, pistes parcourues en 4x4, villages de pêcheurs et plages désertes.

Ce parcours convenait à ceux qui aiment comprendre un territoire par la marche. Il ne suffisait pas d’atteindre un belvédère : il fallait traverser une forêt, négocier des cendres instables, contourner des fissures ou progresser lentement parmi les rochers. Pour replacer cette expérience dans un ensemble plus large, notre page consacrée aux voyages en Asie et au Japon ouvre d’autres pistes, mais l’Indonésie rencontrée ici gardait un caractère singulier, minéral et souvent rude.

Le contraste avec une immersion urbaine comme sept jours à Tokyo était total. Sur ces volcans, les repères tenaient à une odeur âcre, au bruit des pas sur la cendre et à la respiration qui raccourcissait. L’altitude n’expliquait pas tout : au Kawah Ijen, l’air lui-même pouvait devenir hostile.

À Flores, nous retrouvions une autre relation aux sommets. Notre guide local, basé principalement sur Flores, Sumba et Sumbawa, nous avait conduits vers des volcans aux caractères très différents. Sa compétence et sa gentillesse facilitaient aussi les rencontres avec les habitants. Cette médiation comptait autant que l’orientation sur les sentiers : elle nous évitait de traverser les villages et les lieux sacrés comme de simples consommateurs de paysages.

La route cabossée du Kawah Ijen

Le Kawah Ijen culmine à 2 386 mètres, sur un vaste plateau formant un immense cratère. Le Merapi, haut de 2 800 mètres, et le Raung, qui atteint 3 322 mètres, dominaient également cet ensemble. Avant même de marcher, la route d’accès annonçait la rudesse du site. Très dégradée, elle imposait parfois de descendre du véhicule dans les portions les plus raides.

La marche d’approche représentait environ 3,5 kilomètres pour quelque 500 mètres de dénivelé. Le chemin était bien tracé, mais sa fréquentation ne devait pas faire oublier sa fonction première. Nous y croisions les porteurs qui remontaient du cratère ou descendaient vers le dépôt, un double panier en osier suspendu à une perche posée sur leurs épaules.

Leur cadence surprenait. Avec environ 40 kilos de minerai de chaque côté, et parfois jusqu’à 100 kilos au total pour les plus robustes, ils avançaient d’un pas rapide et syncopé. Ce balancement n’avait rien d’une gestuelle pittoresque : il permettait d’équilibrer la charge et de ménager, autant que possible, un corps soumis à une pression considérable. Chaque homme effectuait ce trajet une à deux fois par jour jusqu’au dépôt, où le soufre était pesé avant d’être chargé dans des camions en direction de l’usine de traitement.

Pour les marcheurs attirés par les environnements exigeants, le site relève pleinement de l’aventure, du trek et de l’outdoor. Pourtant, le vocabulaire sportif atteint vite ses limites. Nous avancions pour découvrir un volcan ; les porteurs avançaient pour gagner leur journée. Nous pouvions ralentir, rebrousser chemin ou nous protéger. Eux répétaient cette montée sous le poids des paniers.

Les porteurs, au-delà de l’image

À l’époque de notre passage, la rémunération observée tournait autour de 0,05 euro par kilo de soufre. Une journée rapportait environ 5 euros, soit près de 80 euros par mois, alors que le salaire moyen sur Java était estimé à quelque 40 euros mensuels. Ces chiffres historiques expliquaient en partie pourquoi ce travail persistait malgré ses conséquences physiques. Ils ne doivent pas être transposés tels quels à 2026.

Les paniers étaient pesés à l’arrivée, transformant chaque kilo transporté en fraction de revenu. Le soufre extrait servait notamment à fabriquer des allumettes et à blanchir le sucre de canne. Derrière ces usages ordinaires se trouvait une chaîne de travail dont la partie la plus visible se déroulait sous nos yeux, sur un sentier de montagne.

Les corps en portaient les marques. L’âge moyen des mineurs ne dépasserait guère 40 ans. Les vapeurs toxiques attaquaient progressivement les poumons, les yeux et la peau ; le poids usait les épaules, le dos et les jambes. Nous avions beau connaître ces éléments, leur réalité devenait plus difficile à tenir à distance lorsque les hommes passaient près de nous, paniers pleins, au rythme de leur charge.

Porteur de soufre gravissant un sentier du volcan Kawah Ijen avec des paniers en osier chargés sur les épaules, fumerolles en arrière-plan
Un porteur de soufre du Kawah Ijen, panier chargé sur les épaules, sur le sentier du cratère.

Nous avions rencontré Choukerman, un homme d’une cinquantaine d’années. Son dos était légèrement voûté et ses jambes arquées par les années de portage. Le frottement du bambou avait meurtri ses épaules. Ses bottes, usées jusqu’à la corde, semblaient presque aussi fatiguées que son corps. Il continuait pourtant de marcher presque chaque jour, avec le sourire.

Nous avions cherché à lui offrir des bottes neuves, sans réussir à en trouver sur place. Nous lui avions finalement donné un soda, geste symbolique dont nous mesurions l’insuffisance. Cette rencontre ne se prêtait ni à l’héroïsation ni à la compassion facile. Elle nous obligeait plutôt à regarder notre position de visiteurs.

Nous étions venus pour observer un phénomène volcanique exceptionnel ; nous nous trouvions également face à des hommes travaillant dans des conditions dangereuses. L’appareil photographique risquait alors de transformer la fatigue en spectacle. Cette gêne faisait partie intégrante du voyage, comme elle peut surgir dans d’autres immersions auprès de populations vivant dans des milieux difficiles, à l’image d’une rencontre avec le peuple tsaatan et d’une nuit en yourte en Mongolie.

Le lac acide et la limite imposée

Au sommet, le paysage devenait lunaire. Des coulées de lave figées encadraient un lac bleu turquoise d’environ un kilomètre de long sur 600 mètres de large. Sa profondeur atteindrait quelque 200 mètres. Avec environ 37 millions de mètres cubes d’eau chargée d’acide sulfurique et chlorhydrique, il est présenté comme le plus grand lac de ce type au monde.

Sa couleur n’avait rien d’innocent. Elle venait de l’acidité même qui rendait le lieu dangereux. Les vapeurs contenaient notamment du dioxyde de soufre et du sulfate d’hydrogène, mêlés à de la vapeur d’eau portée à plusieurs centaines de degrés. À mesure que nous approchions, notre respiration devenait plus difficile et nos yeux piquaient malgré le foulard placé devant le visage.

Certains visiteurs portaient déjà un masque à gaz. Cette précaution, qui pouvait alors paraître excessive à ceux qui observaient le lac depuis les hauteurs, nous avait semblé excellente. Les émanations changeaient rapidement les conditions de progression, tandis que des bulles potentiellement explosives pouvaient se former dans le lac.

Lors de notre passage, l’activité volcanique avait été jugée inhabituelle. Le gardien nous avait donc refusé l’accès au fond du cratère. Les négociations n’avaient rien changé, pas davantage que le bakchich proposé. Cette interdiction avait suscité de la frustration, mais elle rappelait une évidence : sur un volcan actif, le désir d’atteindre un point précis ne donne aucun droit à ignorer le danger.

Le cratère nous apprenait ainsi deux formes de retenue. La première était physique : ne pas poursuivre lorsque les autorités locales interdisaient le passage. La seconde était morale : ne pas réduire les porteurs à un élément de décor. Pour mieux comprendre la diversité des sociétés traversées dans cette partie du monde, les récits de cultures et de voyages en Asie peuvent prolonger cette réflexion, sans remplacer l’attention due aux personnes rencontrées sur place.

Flores, l’île où la route se prolonge

Après Java, Flores nous avait offert une expérience moins concentrée. L’île comptait une douzaine de volcans et nous en avions gravi quatre : l’Egon, le Kelimutu, le Wawo Muda et l’Elulobo. Les déplacements alternaient bateau pour rejoindre les îles et 4x4 dans l’intérieur de Flores.

Ce mouvement d’un massif à l’autre révélait une île encore associée, dans notre expérience, à des villages de pêcheurs traditionnels, à des plages désertes et à un accueil marquant. Nous ne passions pas seulement d’un cratère à un autre. Entre les ascensions, la forêt et les villages redonnaient une épaisseur humaine aux cartes volcaniques.

Notre guide occupait une place essentielle dans cette découverte. Il connaissait les terrains, accompagnait les montées et rendait possibles des échanges avec les villageois. Sa présence fut particulièrement importante sur l’Elulobo, où l’ascension commença par un rituel adressé aux divinités. Ce geste replaçait le volcan dans un ordre qui n’était pas seulement géologique.

Flores nous avait ainsi conduits à modifier notre regard. Le sommet n’était plus uniquement un objectif mesuré en mètres de dénivelé. Il pouvait être un lieu sacré, un espace lié aux morts ou un relief dont on demandait symboliquement la permission avant de l’aborder. Cette relation au temps et aux saisons rappelle, dans un contexte très différent, combien un territoire se comprend aussi par ses rythmes, comme dans notre parcours du Japon au fil du printemps et de l’automne.

L’Egon, entre forêt et cendres

L’Egon, haut de 1 703 mètres, fut une ascension franche et soutenue. Il fallait d’abord traverser la forêt, puis gagner un cratère presque parfait de 350 mètres de diamètre. L’itinéraire représentait environ 1 000 mètres de dénivelé, pour une montée estimée à quatre heures et une descente d’environ trois heures.

La transition entre la végétation et le terrain volcanique changeait brusquement la sensation de marche. Sous nos chaussures, les cendres crissaient. Autour du cratère, les fumerolles et les fissures issues d’éruptions récentes imposaient de choisir chaque passage avec prudence.

Ce terrain ne se prêtait pas à une progression distraite. Il fallait contourner les ouvertures, observer le sol et éviter de suivre mécaniquement la personne qui précédait. La forme régulière du cratère donnait une impression de netteté géométrique, mais les signes d’activité rappelaient que ce relief n’était pas figé.

L’effort se répartissait sur une longue journée de marche. Quatre heures de montée, puis trois heures de descente, ne constituent pas une difficulté extrême pour un randonneur entraîné, mais l’accumulation du dénivelé et l’instabilité du terrain demandaient de conserver des forces. À Flores, la descente n’était jamais une simple formalité : la cendre, les rochers ou la lave exigeaient encore de l’attention lorsque la fatigue s’installait.

L’Egon incarnait peut-être le mieux l’équilibre de ce voyage. La forêt formait le seuil ; les cendres révélaient ensuite la dynamique du volcan ; le cratère récompensait l’effort sans faire oublier les risques. Nous n’y retrouvions ni les paniers de soufre ni les vapeurs oppressantes du Kawah Ijen, mais la même nécessité de marcher sans considérer la montagne comme acquise.

Le Kelimutu avant le jour

Le Kelimutu, à 1 639 mètres, était le volcan le plus connu et le plus fréquenté de Flores. Son accès était également plus facile : il fallait compter environ 45 minutes de route depuis Moni, puis deux à trois heures de marche. Nous avions commencé avant l’aube, à la lumière des frontales, afin d’être en place pour le lever du soleil.

Dans l’obscurité, le site ne livrait pas encore ce qui faisait sa renommée. Puis la lumière avait progressivement révélé ses trois lacs de cratère. Leurs couleurs variaient selon la météo et la composition chimique de l’eau. La découverte se faisait par étapes, à mesure que les teintes se distinguaient des parois volcaniques.

Lac de cratère turquoise du volcan Kelimutu à Flores, en Indonésie, entouré de parois volcaniques sombres
L'un des lacs colorés du Kelimutu, à Flores, dont la teinte varie selon la météo.

Le spectacle ne se résumait toutefois pas à une palette minérale. Pour le peuple Lio, le Kelimutu est un site sacré. Chacun des trois cratères serait associé à une catégorie de défunts : les jeunes hommes et les jeunes filles, les personnes âgées et les âmes dites « ensorcelées ». Cette lecture du paysage modifiait notre présence. Nous contemplions des phénomènes chimiques ; nous nous tenions aussi dans un espace habité par une représentation de la mort.

L’ascension nocturne prenait alors un autre sens. Elle ne servait pas uniquement à obtenir la meilleure lumière. Elle nous faisait entrer avec lenteur dans un lieu dont les couleurs, les formes et la signification se dévoilaient ensemble. La fréquentation plus importante du Kelimutu ne supprimait pas cette profondeur, à condition de ne pas réduire le site à ses lacs photogéniques.

Parmi les quatre volcans gravis à Flores, celui-ci demandait le moins d’engagement physique. Il restait pourtant l’un des plus mémorables, précisément parce que l’accès facile contrastait avec la densité culturelle du lieu. Nous étions arrivés à la frontale ; au lever du jour, le paysage cessait d’être une silhouette pour devenir un ensemble de cratères distincts, chacun porteur d’un récit.

Wawo Muda et Elulobo, deux fins de monde

Le Wawo Muda, haut de 1 753 mètres, était présenté comme le « fils » de l’Inielika. Visuellement, il fut le moins spectaculaire des quatre volcans. Ses petits lacs jaune-ocre, apparus après une éruption, étaient entourés d’arbres calcinés. L’ensemble prenait une apparence presque apocalyptique, d’autant plus saisissante que la forêt verte reprenait autour du site.

Ce contraste comptait davantage que la taille des cratères. Les troncs brûlés et les eaux ocre montraient une destruction localisée, encerclée par la végétation. Le Wawo Muda ne produisait pas le même saisissement que le lac du Kawah Ijen ou les trois cratères du Kelimutu. Il permettait cependant de lire directement les traces d’une éruption dans le paysage.

L’Elulobo, à 2 128 mètres, changeait encore d’échelle. Son approche commençait depuis une plage de galets verts et bleus. Puis venait une ascension difficile et raide, avec environ 1 100 mètres de dénivelé et sept heures de marche aller-retour. Le terrain mêlait rochers et lave.

Avant de partir, notre guide avait accompli des gestes et prononcé des invocations aux divinités afin que la montée se déroule en sécurité. Nous avions assisté à ce rituel sans chercher à le ramener à un folklore d’accompagnement. Il disait la place du volcan dans le monde local et rappelait que notre évaluation de la difficulté, fondée sur les heures et le dénivelé, n’était qu’une manière parmi d’autres de penser l’ascension.

Sur les pentes abruptes, nous progressions lentement. Il fallait éviter de glisser entre les rochers, tester les appuis et ne pas confondre vitesse et efficacité. Avec ses sept heures aller-retour, l’Elulobo fut moins long que certaines grandes randonnées, mais sa raideur et son sol exigeaient une vigilance continue.

De ces deux volcans, nous gardions des images opposées : au Wawo Muda, de petits lacs ocre et des arbres calcinés ; à l’Elulobo, une plage de galets colorés, un rituel puis une pente de lave. Leur rapprochement résumait la variété de Flores. Une douzaine de volcans ponctuaient l’île ; quatre ascensions avaient suffi à montrer qu’aucun ne répétait exactement le précédent.

Préparer le voyage en 2026

Les données pratiques disponibles en 2026 invitent à préparer séparément le Kawah Ijen et Flores. Des vols intérieurs réguliers desservent Flores, notamment via Labuan Bajo, mais aucun tarif suffisamment fiable ne permet de donner ici un prix précis. Il faut vérifier les liaisons et les montants au moment de la réservation. Sur place, notre itinéraire avait combiné bateau et 4x4.

Aucun tarif fiable n’est davantage disponible pour un guide au Kawah Ijen. Il serait trompeur de proposer un budget chiffré sans base solide. En revanche, plusieurs postes peuvent être anticipés :

  • le visa touristique à l’arrivée ou sa version électronique ;
  • les transports intérieurs vers Flores ;
  • les trajets en bateau et en 4x4 ;
  • l’accompagnement local ;
  • l’équipement de randonnée ;
  • le masque à gaz pour le Kawah Ijen, s’il n’est pas fourni.
Point pratique Ordre de grandeur ou règle en 2026
Visa touristique VOA ou e-VOA valable 30 jours
Tarif du visa 500 000 IDR
Prolongation Une prolongation possible
Passeport Validité supérieure à six mois à l’entrée
Kawah Ijen Environ 3,5 km d’approche et 500 m de dénivelé
Egon Environ 1 000 m de dénivelé, 4 h de montée et 3 h de descente
Kelimutu Environ 45 min de route depuis Moni, puis 2 à 3 h de marche
Elulobo Environ 1 100 m de dénivelé et 7 h aller-retour
Masque à gaz Fortement recommandé ; fourniture à vérifier

Les ressortissants français doivent consulter avant le départ les conseils officiels aux voyageurs pour l’Indonésie. Le niveau d’alerte volcanique peut modifier ou interdire un itinéraire, indépendamment de la préparation physique ou des réservations effectuées.

Aucune saison idéale suffisamment documentée ne peut être avancée. Le meilleur moment dépend donc moins d’une promesse météorologique générale que des conditions locales, de l’état des routes et de l’activité de chaque volcan. Au Kelimutu, la recommandation concrète reste de partir avant l’aube. Au Kawah Ijen, l’autorisation d’accès et la protection respiratoire priment.

Pour le budget, les seuls montants précis à retenir sont ceux du visa en 2026. Les rémunérations des porteurs évoquées plus haut appartiennent à l’époque de notre passage et ne constituent pas un repère budgétaire actuel. Quant à l’équipement, chaussures adaptées, frontale et protection contre les gaz répondent directement aux terrains décrits, sans supprimer la nécessité de suivre les consignes locales.

Ce voyage exposé à la cendre et aux changements brusques de conditions se situe à l’opposé d’ambiances froides comme celles de Hokkaido, la petite Sibérie japonaise. Dans les deux cas, toutefois, le milieu commande : l’itinéraire doit rester adaptable, et le renoncement faire partie de la préparation.

Ce qui a changé depuis notre passage

L’accès au fond du Kawah Ijen, qui nous avait été refusé en raison d’une activité jugée dangereuse, reste strictement réglementé. Il peut fermer sans préavis selon le niveau d’alerte volcanique local. Cette possibilité n’est pas un incident exceptionnel à contourner, mais une donnée normale d’un voyage sur un volcan actif.

Le masque à gaz a également changé de statut. Lors de notre passage, nous le considérions comme une excellente précaution, sans qu’il paraisse systématique. En 2026, il est largement recommandé, voire exigé par les guides locaux. Avant de partir, il faut demander clairement si le matériel est fourni et s’assurer qu’il convient à l’exposition aux vapeurs soufrées.

Le tourisme s’est nettement développé au Kawah Ijen. Dans le même temps, les témoignages récents décrivent des conditions de travail et de rémunération des porteurs globalement comparables à celles que nous avions observées. Cette continuité renforce le malaise déjà ressenti sur le sentier.

La question n’est pas de détourner les yeux ni de prétendre qu’une visite suffirait à améliorer leur situation. Elle consiste à refuser la mise en scène de la souffrance, à respecter le passage des travailleurs chargés et à ne pas négocier une interdiction de sécurité. Choukerman, ses épaules meurtries et ses bottes épuisées restaient indissociables de notre souvenir du lac turquoise.

Flores, elle, nous laissait une impression d’inachèvement. Après l’Egon, le Kelimutu, le Wawo Muda et l’Elulobo, de nombreux volcans restaient encore à découvrir. Ce constat ne prenait pas la forme d’une liste à cocher. Il rappelait plutôt qu’une île de volcans ne s’épuise pas en quatre sommets, surtout lorsque chaque ascension relie un terrain, des croyances et des rencontres humaines différentes.

Questions fréquentes

Le Kawah Ijen est un volcan actif de Java Est culminant à 2 386 mètres, connu pour son lac de cratère acide, le plus grand lac de ce type au monde, et pour les porteurs qui y extraient le soufre à dos d'homme dans des conditions très difficiles.

Oui, fortement recommandé en 2026 face aux vapeurs de dioxyde de soufre et de sulfate d'hydrogène. Un simple foulard ne suffit pas lorsque l'air devient irrespirable près du cratère ; il faut vérifier avant le départ si l'équipement est fourni par le guide.

L'île compte une douzaine de volcans, dont quatre sont accessibles à la randonnée : l'Egon, le Kelimutu avec ses trois lacs colorés, le Wawo Muda et l'Elulobo, chacun avec un niveau de difficulté et un intérêt différents.

L'ascension nocturne permet d'assister à la révélation progressive des trois lacs de couleurs variables du cratère à l'aube. Le site est aussi considéré comme sacré par le peuple Lio, chaque lac étant associé à une catégorie de défunts.

Les ressortissants français doivent obtenir un visa à l'arrivée (VOA) ou sa version électronique (e-VOA), valable 30 jours et prolongeable une fois, moyennant 500 000 roupies indonésiennes. Le passeport doit rester valide plus de six mois à l'entrée.

La question reste ouverte et mérite d'être posée par chaque voyageur : croiser les porteurs sur le sentier interroge la frontière entre curiosité légitime et voyeurisme. Le respect passe par l'attention portée aux personnes rencontrées, plus que par la seule photographie du site.