Vivre une expérience spirituelle dans un lieu d’une grande quiétude était une chose à laquelle je voulais être confronté un jour, avant d’envisager un éventuel projet de grande envergure dans ce japon qui m’a conquis.Mais j’en reparlerai le moment venu.

 

C’est donc par une autre facette de mon voyage, loin du tumulte d’Osaka ou de Tokyo, que je rejoins Kôya-san, la «Montagne sacrée» haut lieu du bouddhisme ésotérique de la branche «Shingon» (parole de vérité)

 

Rapide historique

 

Il me semble intéressant de résumer en quelques lignes, l’histoire de ce lieu sacré pour les adeptes, où sont formés un grand nombre de moines.

C’est l’une des 13 écoles du japon, fondée il y a 12 siècles, par le non moins célèbre moine Kûkai (Mer de vacuité), connu aussi sous son nom posthume de Kôbô Daishi (grand instructeur de la loi) et l’un des principaux courants du bouddhisme japonais, c’est dire son importance.

Sa théorie repose sur la phrase suivante :

 

« La vérité, c'est connaître son propre esprit tel qu'il est vraiment ».

 

C’est donc «Kûkai» qui fonda ce monastère au coeur des montagnes, à son retour de la Chine des Tang où il était parti étudier ; il voulait un centre loin des distractions du monde, afin de permettre aux moines de méditer et de prier pour la paix et le bien-être des hommes.

 

Une croyance dit que Kôbô Daishi ne serait pas mort, mais qu’il serait rentré en méditation pour l’éternité afin d’assurer la délivrance de toutes les créatures vivantes.

 

Kôya-San, c’est où ? C’est quoi ?

 

Situé à 1000 m d’altitude dans le département de Wakayama, le site s’étend sur 6 kms d’est en ouest et de 3kms du nord au sud, sur une superficie de 15 kilomètres environ.

Le site est entouré de 8 sommets, évoquant le coeur d’une fleur de lotus , avec ses 8 pétales.

 

C’est aujourd’hui un ensemble composé de 117 temples, inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco.

SHUKUBÔ : SAIZEN-IN KOYASAN MONASTERE MOINE
SHUKUBÔ : SAIZEN-IN

 

Une expérience à vivre

 

Ce qui est intéressant à cet endroit, c’est de passer 1 nuit à choisir parmi 52 monastères qui proposent un hébergement : on les nomme «Shukubô». destinés jadis à héberger les moines itinérants.

 

Pour ma part, j’étais hébergé au «Saizen-in»西禅院 que j’ai trouvé vraiment très bien.

 

L’entrée du monastère en impose, avec son jardin, son joli vase. On ressent une grande quiétude dans ces lieux emprunts d’histoire, qui suscite le respect. C’est çà que j’apprécie le plus au japon : le silence, le calme, ce que j’appelle la «zenitude».

 

A mon arrivée, c’est une armée de chaussons qui me fait face, car bien entendu, comme dans tout temple ou sanctuaire, on laisse ses chaussures à l’entrée.

 

On nous indique l’heure du dîner (17h30) ouppps !! Puis l’heure de la cérémonie (6h30 du matin) enfin, on on nous amène à notre chambre, très simple, très sobre...Pas de doute, nous sommes bien dans un monastère !

 

 

A 17h30, après avoir pris son traditionnel bain, et enfilé mon kimono, direction la salle à manger. Pour chacun des convives, 3 petites tables basses de couleur rouge, remplies de plusieurs plats différents, dont j’ignore le contenu à ce moment-là. Ce sera la surprise. Le tout est disposé de façon harmonieuse, laissant un avant-goût très appétissant. Enfin, un coussin pour y poser son postérieur !

 

 

Bien que simplissime, la salle est grande, belle, et bien décorée ; au fond, un immense paravent noir recouvert de «kanji». D’un côté, des cloisons coulissantes en bois et en papier, appelle "Shoji" : de l’autre, des portes coulissantes peintes, nommées "Fusuma". Ces cloisons sont très fragiles, et il convient de faire très attention en les maniant, afin de ne pas les abîmer.

 

A 19h00, extinction des feux, pourrait-t-on dire...Difficile de s'endormir à cette heure-là, d'ailleurs le réveil sera très matinal, forçément !

 

Shôjin-Ryôri 精進料理 MONASTERE BOUDDHISME SAIZEN-IN MOINE
Shôjin-Ryôri 精進料理

 

Découverte du Shôjin-Ryôri 精進料理

 

C’est ce que l’on appelle la cuisine végétarienne des moines ; en effet, le bouddhisme recommande une alimentation strictement végétarienne. A Kôya-san, cette cuisine est originaire de Chine. Les mets servis sont basés sur 3 principes :

 

  • Les 5 goûts
  • Les 5 modes de cuisson
  • Les 5 couleurs.

Chaque repas est constitué des mets suivants :

 

  • Un plat grillé
  • Un plat frit
  • Un plat mariné
  • Un plat à base de Tofu
  • Une soupe

 

 

 

La prière du matin : O-tsutome

 

6h30 du matin : il ne fait pas très chaud, et le réveil est un peu difficile, mais plusieurs touristes n’ont pas hésité à braver le froid et la fatigue pour assister à cette cérémonie rituelle. Le moine se fait un peu attendre, mais qu’importe, chacun s’assoit sur un banc ou une chaise, le plus près du réchaud.

La salle des prières est plongée dans une semi pénombre, tout juste éclairée par la lueur des bougies et des lanternes qui constellent le plafond.

 

Une fois le grand prêtre et les moines installés, la cérémonie peut commencer : elle se déroule principalement par la lecture des sutras et la récitation des mantras. Le ton et la voix sont graves et monocordes. Elle dure environ 30 mn.

Même si évidemment, on ne saisi pas la signification de ces paroles sacrées, assister à ce rituel est une expérience à vivre, que je ne regrette pas.

 

Mais je pense qu’il faut essayer de se mettre à la place des initiés le temps de cette cérémonie, pour comprendre l’intensité de ces prières, surtout quand on a compris l’essentiel de ce que représente un mantra : C’est très bien expliqué sur le site de  http://www.buddhachannel.tv :

 

« le simple fait de les réciter a pour résultat d’éloigner de notre esprit toute idée du mal, et de notre corps toute menace de danger ou de maladie. Les plus conseillés, et les plus faciles à retenir sont les mantras destinés à anéantir notre Karma négatif, et à accélérer nos progrès vers la libération définitive, ou à nous préserver des maladies ou des tentations des esprits maléfiques, etc... L’essentiel c’est de les apprendre par coeur et les réciter en des circonstances appropriées »

Que voir à Kôya-San ?

 

Bien entendu, impossible de tout voir, tout visiter, mais il y a des incontournables...Ou pas !

CHUMON

La porte Chumon d’origine fut dévastée en 1843, et ne devait pas être restaurée avant de nombreuses années. Il a fallu attendre 170 ans, à l’occasion du 1 200e anniversaire de la fondation du mont Koya, pour assister à sa reconstruction.

Quatre figures illustres y sont consacrés : Jigokuten, Tamonten, Komokuten et Zochoten. Jigokuten et Tamonten datent de la porte Chumon originale et furent épargnées par les flammes. Elles ont été préservées et restaurées jusqu’à nos jours. Komokuten et Zochoten sont des œuvres récentes et originales de Myokei Matsumoto, un sculpteur et maître bouddhiste.

 

 

KOYASAN CHUMON MONASTERE MOINE TEMPLE JAPON
CHUMON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DAITÕ (Grande pagode)

Maintes fois incendié, cet élément central du complexe date de 1937, et sa hauteur est de 49 mètres. L'intérieur comporte des bouddhas et des peintures du bouddhisme Shingon.

DANJÔ GARAN DAITÕ PAGODE KOYASAN MOINE MONASTERE TEMPLE JAPON
DANJÔ GARAN : DAITÕ

 

MIE-DÔ (Pavillon des portraits)

Résidence supposée de Kôbô Daishi ; bâtiment ouvert 1 fois par an, la veille du 21/3, date de son entrée en méditation

MIE-DÔ (Pavillon des portraits) KOYASAN MONASTERE TEMPLE MOINE BOUDDHISME
MIE-DÔ (Pavillon des portraits)

 

TÔRÔ-DÔ (Pavillon des lanternes)

Il y a près de 10000 lanternes (oui, oui !) 3 de ces lanternes offertes par des empereur trestent allumées en permanence (photos interdites)

 

LA PAGODE TAHÔ-TÔ

Plus ancienne pagode de Koya-San, classé trésor national, et classé au Patrimoine mondial

LA PAGODE TAHÔ-TÔ KOYASAN MONASTERE MOINE BOUDDHISME JAPON
LA PAGODE TAHÔ-TÔ

 

 

 

SANNÔ-IN

Dès sa création, Sanno-in était destiné à devenir un lieu de culte sur le mont Koya .Le nom « Sanno-in » fait référence à la divinité Shinto locale, vénérée en tant que « Dieu de la montagne ». Le bâtiment actuel fut reconstruit en l’an 3 de l’ère Bunroku (1594). Des rituels et débats importants sont organisés chaque année au Sanno-in. Le 16 de chaque mois, une cérémonie est célébrée en l’honneur de la divinité locale.

 

SANNÔ-IN KOYASAN MONASTERE MOINE BOUDDHISME JAPON
SANNÔ-IN

 

HASU-IKE (étang de lotus)

 

Cet étang paisible, reposant en face du Kangakuin, est appelé Hasu-ike. Jusqu’à la période Showa, de magnifiques fleurs de lotus s’épanouissaient ici. Cet endroit magique abrite également un petit sanctuaire.

L’an 8 de l’ère Heisei (1996), le pont et l’autel furent restaurés dans leurs splendeurs d’autrefois. Le 17 octobre, des écritures sacrées sont récitées sur le site.

 

HASU-IKE (étang de lotus) KOYASAN MONASTERE BOUDDHISME MOINE
HASU-IKE (étang de lotus)

 

KONDÔ (Pavillon d'or)

Souvent incendié également, celui-ci date de 1932 ; il renferme le bouddha de la médecine et les principaux services bouddhiques ont lieu ici.

DANJÔ GARAN : KONDÔ (Pavillon d'or) KOYASAN BOUDDHISME MOINE MONASTERE
DANJÔ GARAN : KONDÔ (Pavillon d'or)

 

 

 

AIZENDO

Durant la première année de l’ère Kenmu (1334), l’empereur Go-Daigo ordonna la construction de cette pagode vouée à la paix dans le monde et à la prospérité impériale.  Cette pagode était naguère le théâtre de rituels de prière et répondait au nom de « Shingakudo ». Mais au fil des ans, elle subit des dommages jusqu’à sa destruction. Le construction actuelle remonte à la première année de l’ère Kaiei (1848).

AIZENDO KOYASAN BOUDDHISME MOINE MONASTERE JAPON TEMPLE
AIZENDO

 

 

STUPA OUEST SAITO

Cette structure fut érigée par Shinzen Daitoku, le successeur de Kobo Daishi. L’idée de Kôbô Daishi était d’utiliser les pagodes Daito et Saito comme représentations mystiques du Vairocana.

Saito incarne aussi bien le Monde de la Matrice que celui du diamant. La tour actuelle fut reconstruite en l’an 5 de l’ère Tempo (1834) . La pagode s’élève au total à 27,27 mètres du sol.

STUPA OUEST SAITO KOYASAN TEMPLE BOUDDHISME MOINE PAGODE MONASTERE
STUPA OUEST SAITO

 

 

CLOCHE DAITO

Kobo Daishi était résolu à installer une cloche en cet endroit, qui fut coulée à l’époque de son successeur, Shinzen Daitoku. La lourde cloche en cuivre qui résonne de nos jours date de l’an 16 de l’ère Tembun (1547), et son imposant diamètre de 2,12 mètres en fait la quatrième plus grande cloche du Japon. 

La cloche sonne l’heure cinq fois par jour, faisant entendre son timbre caractéristique à 04 h, 13 h, 17 h (18 h lors de l’équinoxe de printemps), 21 h et 23 h.

CLOCHE DAITO KOYASAN TEMPLE MOINE MONASTERE BOUDDHISME
CLOCHE DAITO

 

 

OKU-NO-IN

Nécropole de plus de 200 000 tombes, dans une immense forêt de cèdres ; on y trouve également des stèles à l'effigie des entreprises et de ses employés : pour le coup, çà surprend ! 

 

OKU-NO-IN NECROPOMLE CIMETIERE KOYASAN BOUDDHISME SHINTOÎSME
OKU-NO-IN

 

 

LA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-IN
LA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-INLA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-IN
LA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-INLA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-IN
LA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-INLA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-IN

LA GRANDE NECROPOLE DE OKU-NO-IN

Quand venir ?

 

Au delà des 4 saisons qui ont chacune un charme certain, il peut être très intéressant de venir lors d’un des 4 Matsuri (festivals)

 

- Aoba Matsuri : le 15/6 : Naissance de Kôbô Daishi : chars, danseurs, lanternes...

- Rôsoko Matsuri : 13/8 : Festival des bougies.

- Kôya No Hi Matsuri : 1er dimanche de mars : Cérémonie du feu, destinée à accueillir le printemps

- Kyusho Mieku : 21 mars : commémoration de l’entrée de Kôbô Daishi dans la méditation éternelle : fleurs, bougies, chants, danses.

 

Comment s'y rendre ?

Plusieurs moyens de transport permettent d'accéder au site; Plutôt que d'en donner qu'un seul, je joins le lien qui vous donne tous les détails, tous les renseignements. C'est par ici ---------->

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