Rencontre avec le peuple Himba : Séquence émotions !

Les HIMBA,  peuple de la terre rouge 

C’est dans le nord ouest du pays, le Kaokoland,  que s’étend le pays HIMBA, avec pour frontière l’Angola et le fleuve Kunene au nord, la rivière Hoanib au sud.

Durant 3 jours, nous allons découvrir 2 villages traditionnels, absents de tourisme de masse.

Je ne prétends nullement connaitre leur mode de vie, leur coutûme, et d’avoir tout compris de la culture Himba, surtout en 3 jours ! Loin de moi cette idée-là, d'autant plus que la communication est loin d'être simple.

Pour cela je vous renvoie à l’excellent ouvrage de Solenn BARDET " Pieds nus sur la terre rouge"

Solenn BARDET, a été adoptée par une famille HIMBA à l'âge de 18 ans, et a vécu une expérience unique durant plusieurs années. J'ai lu son livre passionnant en une semaine !

Je souhaite simplement exprimer mon ressenti et point de vue, raconter de façon simple, notre petite incursion dans leur vie. Néanmoins, cette courte expérience m’a beaucoup séduit, et j’ai énormément apprécié le contact que j’ai pu avoir avec ce peuple.

Bref, Je suis littéralement tombé en admiration devant le peuple HIMBA, et c’est pour moi, une véritable révélation ! C’est dire !

 

Premières impressions

Le village Himba : LE KRALL

A mon arrivée, ce qui me frappe en premier lieu, c’est le village :  il ressemble à un village gaulois avec son enceinte en bois de Bopame, l’arbre sacré des Himba, qui l’entoure.

Au loin, des hommes s’affairent à ramener des troupeaux de chèvres et de vaches.

A l’intérieur, quelques cases de bouses séchées, dont la plus grande se remarque immédiatement : c’est celle du chef ; puis des réserves à nourriture sur pilotis, le feu sacré, et en plein centre, l’enclos à bétail. Le sol est poussiéreux à souhait. Enfin, un drôle de poulailler qui sert aussi à faire sécher le maïs !

Rencontre avec le peuple Himba : Séquence émotions !
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Je remarque également un tronc sur lequel est empilé des cornes de vaches. Elles restent ici en souvenir d’un défunt, et en commémoration de la cérémonie ; comme souvent en Afrique, les Himba sont animistes, croient aux esprits, et pensent que tous leurs ancêtres restent très présents chez les vivants pour les aider

Le feu sacré

En aucun cas le feu sacré et sa ligne ne doivent être franchis sans l’autorisation du chef. Chaque jour un homme doit allumer le feu, 2 fois par jour, au lever et au coucher du soleil.

Les femmes HIMBA

Parées de leurs colliers et bracelets, qui ornent leur corps, elles ont fière allure les femmes du peuple Himba!

Ajoutez à cela une peau lisse, soyeuse, veloutée, et ocre comme la terre de leurs ancêtres, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles m’ont fait une très forte impression. Elles sont si belles, que je pourrai écrire un hymne à leur beauté ! 

Les femmes adultes portent notamment un coquillage blanc « Ohumba » symbole de fertilité.

Autour de la taille, une sorte de petite jupe, en simple peau de chèvre, rigide et épaisse

Ce qui est très impressionnant, c’est leur fameuse coiffure !

Tout comme leurs corps, les nattes tressées sont enduites d’un mélange d’hématite ocre et de graisse, que l’on appelle GOJITZE. La préparation nécessite de longues heures de travail.

 

 

 

 

L’enfant HIMBA

L’enfant HIMBA, et particulièrement la jeune fille, se reconnait notamment grâce à son crâne rasé sur les côtés, laissant apparaitre sur le dessus de la tête, de longues tresses qui retombent sur le devant.

Tant qu’elles n’auront pas passées le cap de l’âge adulte, elles n’auront pas cette peau ocre caractéristique.

 

 

 

Premières rencontres avec les enfants

Dès notre arrivée, ce sont les enfants qui ont couru vers nous, tout excités de voir des touristes : à priori, ils n’en avaient pas vus depuis quelque temps. Après quelques hésitations, ils visitent notre tente, en se roulant de plaisir sur nos matelas.

C’est parfait, le courant passe bien. Nous profitons de l’occasion pour jouer un peu avec eux, et leur fournissons feuille de papier et stylo. Mais visiblement, comme ils ne sont pas scolarisés, ils n’arrivent pas à se servir de notre stylo. Pourtant, ils comprennent vite, et se mettent à gribouiller nos papiers.

Ils veulent aussi se faire prendre en photo et posent avec délectation pour notre plus grand plaisir : néanmoins, et contrairement aux autres, je ne tiens pas à trop les importuner avec les photos, et ne me limite qu’à quelques prises de vue. Ils restent ainsi avec nous un bon bout de temps.

 Mais il est temps de rendre visite au chef de village

 

 

Première rencontre : le chef du village d’OMARUMBA, Hihumwinwe KAPIKA

C’est tout simplement le chef le plus important de la région d’EPUPA, qui a participé au refus de la construction du barrage d’EPUPA, dont Solenn BARDET évoque dans son livre.

Il est vraiment très âgé, et reste assis sur son siège, entourée de sa femme, et d’une multitude d’enfants : Pollus, notre traducteur nous présente.

Un par un, nous déposons à ses pieds, tour à tour, farine de maïs, huile, riz, sucre, pâtes, thé, café, et…Sucettes ! Bon, pas terrible les sucreries pour les caries, mais bon…

Et à notre plus grande surprise, le chef KAPIKA s’est précipité sur les sucettes, en n'en prenant une pour lui, et distribuant le reste à tout son entourage ! Scène assez rigolote au demeurant. Après un rapide coup d’œil dans les sacs, il nous dit être très content de ce que nous lui avons rapporté, et les donne à son épouse, qui s’empresse de les déposer sur un garde-manger sur pilotis. 

Nous resterons ainsi quelque temps à visiter le village et à nous faire expliquer quelques coutumes, quelques rituels. Nous y rencontrerons évidemment les 1ères femmes Himba, s’affairant autour du feu, s’occupant des enfants ou des vaches.

 

 

J'ai été séduit dès ma première rencontre

J’aimerais particulièrement  revenir dans le village du chef, car j’ai très vite senti le courant passé avec les femmes Himba : à un moment, je me suis retrouvé seul autour du feu avec elles, j’ai cassé du bois, ai alimenté le feu, nous avons échangé des sourires…

J’étais ébloui, séduit par sa beauté, sa peau ocre, luisante, et même son odeur, pas du tout incommodante, bien au contraire, j’allais même dire, sensuelle ; j’ai fermé les yeux quelques secondes, j’étais bien, j’étais heureux durant quelques instants.

J’aurais tant voulu être seul, sans les autres membres du groupe, afin de continuer à faire un peu connaissance ; dès cet instant, de cette seconde, je n’ai cessé de penser à cette rencontre.

Très vite, je savais qu’un déclic s’était produit : au fond de moi, je me promettais de revenir un jour pour vivre plus intensément ces moments. Evidemment, loin de moi d’imiter la fabuleuse rencontre de Solenn Bardet, de vivre la même expérience ; mais je comprenais un peu mieux pourquoi elle avait vécu toutes ces émotions.

 

TJIMUREMIO HEMBINDA (Chimoleme) : notre guide !

 

Le village d'Otjomazeva

C'est le second village dans lequel nous nous rendrons après avoir parcouru 16 kms à pied en compagnie de notre guide Himba « Utjindisa Hembida » qui se surnomme « JAMES » : il habite ce village.

C’est également là que nous recruterons nos 2 guides femmes HIMBA : TJIMUREMIO HEMBINDA (Chimoleme) et TJATUNGUA pour arriver aux chutes d’Epupa, point final de noter aventure.

 

 

Une soirée avec les HIMBA

Le soir, nous nous sommes retrouvés à une soirée dansante, à notre grande surprise !

Nous avons tenté de communiquer par des gestes et des sourires : une sorte de complicité semblait naitre entre nous. Une jeune femme, plus particulièrement, rencontrée autour du feu, attire mon attention.

Elle est magnifique. Elle s’approche, et s’assied à côté de moi. Je lui donne de l'eau et partage mon gâteau avec elle. A ma grande surprise, elle me saisit la main en me regardant dans les yeux avec un beau  et grand sourire.

Evidemment, je suis ravi de tant d'attention ! Simple geste d'amitié ? Ou plus si affinitées ? Difficile à dire, mais clairement, je suis tombé sous le charme, ben oui !

J’aurais voulu rester avec elle pendant des heures, mais une randonnée difficile nous attendait le lendemain matin, et il a fallu nous séparer… Cette jeune femme Himba dit s’appeler « Julia »

Epilogue

Le temps consacré aux Himba a vraiment été trop court ; je me sens très frustré ; j’aurais  vraiment voulu être seul avec eux.

Depuis mon retour, je ne cesse de penser à retourner en Namibie : il y a tant de choses qu’il me reste à voir. Mais surtout, je suis surpris par l’attachement que je porte dorénavant à ce peuple : je n’arrête pas de penser à ces rencontres furtives, mais intenses, et toutes ces choses que j’ai pu ressentir, mais qui restent profondément ancrées au fonde de moi…

Les Himba m’ont littéralement fait craqué.

J’ai envie de partager leur culture, leur mode de vie, j’ai envie de vivre comme eux, tout simplement ! J’ai envie de tenter l’aventure !

L'immense et magnifique territoire du peuple Himba
L'immense et magnifique territoire du peuple Himba

L'immense et magnifique territoire du peuple Himba

L’avenir des HIMBA : un peuple hors du temps

Les HIMBA sont très fiers de leur culture et de leur tradition ; ils vivent en parfaite harmonie avec la nature, et se contentent de peu.

C’est vraiment incroyable de voir encore de nos jours que des peuples se battent pour conserver leur mode de vie.

Mais pour combien de temps ? Comment pourront-ils surmonter la montée en puissance inéluctable  du pays dans la modernisation ? Doivent-ils abandonner leurs terres ancestrales ?

Sans nulle doute que leur avenir semble compromis Pourtant, des solutions existent : l’accès à l’éducation par exemple.

Les Himba arrivent à une phase importante de leur histoire : ils doivent choisir entre un besoin de modernité avec l’ouverture au monde occidental, et un mode de vie ancestral dont ils sont très fiers.

Préserver leur identité sera certainement le combat le plus difficile qu’ils auront à mener.

Les Himba investissent la ville (Epupa) et se rendent au supermarché !

Les Himba investissent la ville (Epupa) et se rendent au supermarché !

L'accès à l'éducation : une solution pour l'avenir du peuple Himba ?L'accès à l'éducation : une solution pour l'avenir du peuple Himba ?L'accès à l'éducation : une solution pour l'avenir du peuple Himba ?

L'accès à l'éducation : une solution pour l'avenir du peuple Himba ?

Pour finir, j’aimerais formuler quelques vœux :

  • Après cette petite incursion, j’ai très envie de vivre une expérience plus longue, plus intense et surtout seul…1 semaine, 15 jours, 1 mois, ce serait vraiment formidable… J’ai envie de tenter l’aventure ! Clairement, je voudrais retourner un jour à  OMARUMBA, village du chef KAPIKA.  Mais comment faire ?
  • J’aimerais vraiment rencontrer Solenn BARDET autour d’un verre, juste quelques instants pour lui dire motoute mon admiration ! Elle m’a tant fait rêver, tellement vibrer à travers son livre que j’ai dévoré en une semaine, et que j’aimerais lui faire dédicacer…
  • Le temps viendra (vers 2020) où je vais arrêter ma carrière professionnelle : dans mon « to do » j’ai prévu de consacrer un peu de mon temps à une organisation, ou association humanitaire : je n’avais aucune idée jusqu’à maintenant.

Demain, j’aimerais bien pourquoi pas  participer activement à l’association gérée par Solenn BARBET : "KOVAHIMBA " qui vise à venir en aide au peuple Himba : aller sur place, donner un coup de main, etc… https://www.association-kovahimba.net/

  •  Je souhaite tellement que ce peuple qui a subi tant de malheurs, puisse survivre à l’évolution de notre monde moderne, même si je suis un peu pessimiste après avoir lu certaines choses sur l’avenir des Himba.

Puisse le peuple HIMBA maintenir l’héritage de leur culture et de leur tradition, puisse l’avenir démentir mes idées pessimistes et puisse l’avenir leur être favorable.

 

 

Rencontre avec le peuple Himba : Séquence émotions !

DERNIERE MINUTE !

Solenn BARDET annonce la sortie d'une BD  "Rouge Himba", téléchargez la mini-BD "Croquez chez les Himbas" disponible via ce lien : 

http://www.association-kovahimba.net/croquerchezleshimbas1610.pdf

 

 

Rencontre avec le peuple Himba : Séquence émotions !

Notre rencontre, carte sur table

 

  • Comment s’est déroulée notre rencontre ?

C’est par l’intermédiaire d’une agence locale que nous avons été mis en contact : notre guide, de la tribu des Herero, était notre interprète, et c’est lui qui nous a introduit dans les camps, après avoir rencontré le chef du village.

  •  Avons-nous payé quelque chose ?

Non, pas du tout : par contre, nous avons offert des denrées tellesl que de la farine de maïs, du riz, du café, du sucre…

Pour les photos, nous n’avons rien demandé, ni payé : les chefs de village ont pris l’initiative de nous proposer de faire des photos.

Seules, les femmes Himba ont été rémunérées pour leur service en tant que guide : d’ailleurs, nous avons su après, que ce petit travail leur avait permis au cours de ces dernières années, de leur permettre d’acheter des chèvres. Cela m’a grandement rassuré, même si cette information est invérifiable. Au moins, je garderai cette image positive…

 

Rencontre avec le peuple Himba : Séquence émotions !
  • Les villages étaient-t-ils un piège à touristes ?

Très sincèrement, je ne le pense pas : à aucun moment nous n’avons croisé de touristes : nous avons toujours été seuls : bien sûr, ce n’était pas la 1ère fois qu’ils voyaient des touristes, c’est clair… Ils nous ont aussi proposé de l’artisanat de leur village, mais quoi de plus naturel ?

Bien entendu, il existe des villages ou clairement le touriste est attendu de pied ferme : nous en avons croisé un ou d’un seul coup, 2 véhicules et plus de 10 personnes ont débarqué en quelques minutes, appareils photos prêts à dégainer, sans attendre les explications de leur guide : du grand n’importe quoi !

  •  Pourquoi j’ai le sentiment d’avoir été privilégié ?

Tous simplement, pour les courts, mais bons moments partagés avec ce peuple, et qui m'a donné tant d’émotions…

  • Ce que j’ai regretté

Le manque de temps passé avec eux, et le manque de communication dûe à la barrière du language : clairement, j’ai été séduit par ce peuple, à tel point que j’aimerais revenir seul et passer beaucoup plus de temps en leur compagnie. Juste essayer de mieux les comprendre, prendre le temps, perdre son temps, avec eux, tout bêtement.

  •  La photo

 A vrai dire, j’ai été très mal à l’aise quant aux photos : au fond de moi, je n’avais pas vraiment envie de les photographier à tout bout de champ. Une fois de plus, je me suis volontairement limité. Nos hôtes ne sont pas des animaux et nous ne sommes pas au cirque.

Moi, les quelques de photos que j’ai prises le plus discrètement possible me suffisent amplement. Et heureusement, pas d’argent donné pour les clichés.

 

Rencontre avec le peuple Himba : Séquence émotions !

Plusieurs choses ont facilité notre contact :

 

  • Nous nous rendions d’un village à l’autre, distant d’un quinzaine de kilomètres, à pied, et non en voiture, ce qui change tout.
  • 2 femmes HIMBA du village nous ont servi de guide, et nous ont accompagnées durant toute notre randonnée : Avec l’autorisation du chef de village, nous plantions notre campement juste à côté du leur, et à l’extérieur de l’enceinte du « krall »ce qui nous a permis de prendre tout notre temps, pour rencontrer et jouer avec les enfants, se rendre au puit pour aller chercher de l’eau, etc…
  • Hommes, femmes et enfants Himba sont venus nous voir dans la soirée, et ont entamé des danses et des chants rien que pour nous, sous un ciel merveilleusement étoilé : souvenir magnifique !
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